Dix ans de lutte et une belle victoire pour Sea Shepherd

Sea Shepherd in action

Sea Shepherd in action

Bonne nouvelle pour les océans et victoire inouïe pour les baleines ! La Cour Internationale de Justice de La Haye, organe judiciaire suprême des Nations Unies, a ordonné au Japon de révoquer ce 31 mars 2014, séance tenante, toutes formes de chasse à la baleine. A Tokyo, le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a promis de respecter cette décision.

© David Granville

© David Granville

C'est l'Australie qui avait saisi la CIJ en 2010 concernant le massacre continu de baleines par le Japon sous couvert de leur programme scientifique JARPA II, mais les capitaines de la Sea Shepherd Conservation Society pourfendaient les harpons japonais dans l'Antarctique, et notamment jusqu'aux confins des sanctuaires de l'océan austral, depuis 10 ans déjà...

Selon Canberra, le Japon a chassé plus de 10.000 baleines entre 1987 et 2009, principalement des petits rorquals (baleines de Minke), mais aussi des baleines à bosse. Sur papier pourtant, depuis 1986, toutes les baleines ont  leur moratoire, la Commission Baleinière Internationale, interdisant toute chasse,  toute sauf celles à fins scientifiques ! Moratoire que les Japonais détournaient éhontémment. "Quotas déraisonnables" ! La CIJ a clairement estimé que le Japon maquillait une activité commerciale sous un programme de recherche scientifique bien peu "transparent" puisque les baleines tuées se retrouvaient sur l'étal des marchands tandis que les rares publications scientifiques n'étaient que purement anecdotiques. Une victoire saluée par les écologistes du globe, mais si les décisions de la CIJ sont supposés contraignants et sans appel, la lutte n'est pas finie. Le Japon pourrait s'inventer une nouvelle politique baleinière. Quant aux Gardiens de la Baie (Sea Shepherd), le combat continue notamment au Japon même où chaque année 20.000 dauphins, marsouins et petites baleines sont massacrées dans les baies peu profondes de Taiji.

Pour info, la lutte des capitaines de la Sea Shepherd Conservation Society est âpre et longue, leurs confrontations violentes et sans merci, pleines de braconniers et d'embuscades. L'organisation écologique affirme avoir sauvé 750 cétacés lors de sa dernière campagne annuelle.

Restons lucides

La Norvège a respecté l’interdiction de la pêche à la baleine jusqu’en 1993 seulement. S’appuyant sur une faille juridique dans la Convention internationale pour la règlementation de la chasse à la baleine, elle s’est opposée au moratoire et a repris la chasse commerciale de baleines de Minke. Elle a établi ses propres quotas pour le nombre de baleines pouvant être tuées à des fins commerciales. Ce nombre n’a fait qu’augmenter, passant de 671 baleines de Minke en 2002 à plus de 1000 aujourd’hui. Cependant, au cours de ces dernières années, moins de la moitié du quota établi n’a été effectivement atteint. La Norvège chasse une proportion croissante de femelles reproductrices, ce qui pourrait mettre en péril la survie à long terme des baleines de Minke dans l’Atlantique Nord.

L’Islande, a comme le Japon, d’abord mené un programme de chasse « scientifique » à la baleine. Puis, en 1992, elle s’est retirée de la CBI. Et lorsqu’elle l’a finalement réintégrée en 2004, l’une des clauses de sa réadmission signalait son objection au moratoire sur la pêche à la baleine. En 2006, l’Islande a repris la pêche commerciale à la baleine, notamment la chasse de rorquals communs et de baleines de Minke. En 2010, les pêcheurs islandais ont ainsi tué 148 rorquals communs, une espèce pourtant menacée, et 60 baleines de Minke.