Cocorico ! Les pêcheurs aux crevettes à cheval de Oostduinkerke viennent d'être reconnus 'Patrimoine de l'humanité'.

La pérénnité de ce savoir-faire traditionnel âpre mais beau et émouvant, célébrant si bien le lien étroit entre l'homme et son partenaire, le cheval de trait mais aussi, tous les éléments de la nature, est définitivement assuré. Sans la volonté de fer de quelques uns et le soutien des autorités flamandes, ce métier qui tient aux yeux de beaucoup du folklore -et en péril depuis les années 50, n'existeraient plus que dans le souvenir des anciens... 

Texte & photos : Sophie Dauwe & Jean-Jacques Serol : Pepite Photography

La pêche aux crevettes à cheval suppose une rare connaissance de la mer et de la côte ainsi qu'un degré élevé de confiance et de respect envers le cheval. Autrefois, on assistait à ce balai bien orchestré deux fois par semaine, sauf en hiver. Les pêcheurs entraient en mer, accompagnés de leur cheval et de leur filet. La pêche dure trois heures, une heure et demie avant et une heure et demie après la marée basse...

Le cheval entre dans l'eau jusqu'au poitrail et avance parallèlement à la côte, en tirant un filet en forme d'entonnoir que deux planches en bois maintiennent ouvert. Une chaîne racle le sable pour créer des vibrations qui font que les crevettes bondissent et entrent dans le filet. Ce filet (7 x 10 mètres) exige une force de traction énorme que seuls des chevaux de trait brabançons peuvent fournir. Toutes les demi-heures, la pêche est interrompue pour retourner sur la plage, où le filet est vidé. Les pêcheurs versent les crevettes dans les paniers fixés sur les flancs du cheval. Plus tard, les crevettes sont cuites à l'eau douce.

Cet artisanat traditionnel a été perpétué non sans difficulté par les familles de pêcheurs de crevettes et par extension par la communauté d'Oostduinkerke et de Koksijde. Ce patrimoine culturel revêt une grande importance pour leur identité, mais aussi et surtout pour notre patrimoine. C'est un bel exemple d'interaction dynamique et durable avec la nature et la culture qui s'est transmis de génération en génération.

La pêche aux crevettes à cheval se pratique sur la plage et la zone de ressac d'Oostduinkerke. Cette cité balnéaire fait partie depuis 1978 de la commune de Koksijde. La pêche aux crevettes avec cheval et filet se déroule en eaux peu profondes et n'est possible qu'à marée basse, par mer calme, sur des côtes suffisamment plates. C'est d'ailleurs le biotope où l'on rencontre la crevette grise, Crangon crangon, en grand nombre. De plus, Oostduinkerke dispose d'une plage idéale sans jetées ou autres obstacles pouvant s'avérer dangereux pour le cheval ou le pêcheur.

Comme cadeau de Saint-Nicolas, l'art de ces pêcheurs qui font la fierté de tous chez nous est entré par la grande porte sur la liste du patrimoine immatériel de l'UNESCO. Une reconnaissance grâce laquelle les enfants d'aujourd'hui et de demain pourront admirer et apprécier ce savoir-faire unique.

Avis aux collectionneurs : en 2014, à l'initiative de l'Ordre des pêcheurs de crevettes à cheval sortira une série officielle d'euros ayant pour thème le pêcheur à cheval. Cette série contiendra, outre les 8 premières pièces à l'effigie du roi Philippe, une pièce d'or représentant un pêcheur à cheval, œuvre de l'artiste Dieusaert. Cinq de ces pièces sont mises en circulation comme moyen de paiement, ce qui rend cette série très spéciale pour les collectionneurs. La Monnaie royale de Belgique émettra également une pièce en argent à l'effigie du pêcheur de crevettes.

L’Eco Défi de Singapour, la nouvelle Cité jardin !

En janvier 2006 a démarré un projet pharaonique qui a déjà englouti 400 millions d’euros… A terme, Singapour veut se transformer en "Cité Jardin". Avec son nouveau Gardens by the Bay inauguré l’été 2012, on plonge dans Vegetal City, le rêve de l’architecte visionnaire Luc Schuiten ou dans le film Avatar… Sauf qu’ici, le rêve est déjà réalité.

Cité-Etat de moins de 650 km2, Singapour n’est pas seulement l’un des quatre dragons asiatiques, symbole d’affairisme, de hautes tours d’acier et de verre où règne une discipline de fer… Dotée au berceau de 64 îles et d’une abondante végétation que favorise un climat équatorial, cette petite « Suisse » asiatique a décidé de se parer d’un blason « écologique ». Concentrant un nombre impressionnant de milliardaires, Singapour a certes les moyens de ses ambitions. Si de ce repaire historique de pirates et de brigands, vous ne connaissez que son emblématique lion à queue de serpent, il est sérieusement temps de réviser votre copie…

Welcome in the Gardens by the bay

Le parc de la nouvelle Cité Jardin s’étend déjà sur 101 hectares en plein centre ville, dans le quartier d’affaire, juste à côté de Marina Bay (& ‘Reservoir’ où un immense barrage a été achevé en 2008). La partie centrale du jardin est une promenade arborée de 3 km en bord de mer qui relie le jardin du Sud avec celui de l’Est (32 ha avec également une promenade le long de la baie et une vue imprenable sur le nouveau jardin).

Gardens By The Bay, Artist Impression

Gardens By The Bay, Artist Impression

Quant au dernier né ­—dit le jardin du Sud et baptisé Gardens by the bay, il s’étend sur 54 ha et réussit le pari d’être à la fois un conservatoire de la biodiversité d’un grand nombre des plus rares et des plus étonnantes essences de notre planète ainsi qu’un parc d’attraction féerique qui ambitionne de recevoir 5 millions de visiteurs par an. Dans ce jardin d’Eden, trois attractions futuristes attirent tout particulièrement les foules. Le Flower Dome (litt : « Le Dôme des Fleurs »), une verrière recréant le climat sec et frais de la région méditerranéenne et celui semi-aride de régions sub-tropicales (Afrique du Sud, Australie, Chili, Californie et certaines régions d’Italie ou d’Espagne…). Juste à côté, la Cloud Forest («Forêt Tropicale») simule le climat humide des montagnes tropicales. À elles deux, ce sont les plus high-tech et les plus grandes serres jamais construites au monde. Comme deux œufs de géants posés sur un tapis vert, les deux «biomes» abritent de véritables merveilles comme une palette infinie où s’épanouissent de milliers de fleurs dans un printemps éternel. Montagnes artificielles tapissées d’orchidées, baobabs, succulents, une immense cascade et partout, des passerelles d’observation… Tout est fait pour vous éblouir. Les deux serres au design unique sont aussi le fruit de prouesses technologiques inouïes. Pour exemple, le Flower Dome est assemblé de 3.332 panneaux de verres de tailles diverses pouvant filtrer 1/3 de la lumière et 2/3 de la chaleur en cas de fort ensoleillement.

Enfin, il y a ce Supertree Grove constitué de 12 colosses artificiels dont les bras s’évasent vers le ciel, entre 25 et 50 mètres de hauteur. Des arbres XXL aux troncs colonisés de quelque 160.000 plantes de 200 espèces différentes. Une passerelle OCBC de 128 mètres de long permet de survoler la canopée. De passer d’arbre en arbre et d’embrasser du regard l’étendue majestueuse des jardins (chinois, malais, indien, colonial…) qui s’étalent à vos pieds. En haut du plus grand arbre, on trouve aussi IndoChine, un restaurant ultra design. Au sommet d’un autre se trouve le Supertree Dining (très bel espace fast-food où l’on mange notamment un grand choix de nouilles). Gardens by the Bay est ainsi truffé d’endroits où se restaurer : de la pause «café-douceurs» au restaurant gastronomique (le Pollen)… pour des souvenirs vraiment impérissables.

Comme sous cette latitude, la nuit tombe toute l’année vers 19h, on n’hésite pas à s’attarder un moment après le couchant car les SuperTree s’illuminent, offrant un nouveau spectacle. Servant de bouches de climatisation pour les deux Biomes, les super-arbres couverts de photovoltaïques emmagasinent l’énergie du soleil pour offrir la nuit un univers d’une magie absolue. La totalité du projet est un modèle d’ingénierie durable dont chaque détail a été admirablement pensé. Les lacs et les jardins, tout travaille en interdépendance pour filtrer l’eau et minimiser la consommation d’énergie.

Plus d’infos (en anglais) sur ce parc, les horaires & prix des entrées (entrée séparée pour les jardins, la passerelle OCBC et les deux Biomes) :

www.gardensbythebay.com.sg

10 choses à absolument faire à Singapour

De la suite dans les idées :

Singapour lance également les "Fermes du Ciel"

Une Cité Jardin, c’est cool à priori. Mais pendant que les hommes d’affaires et les touristes s’en prennent plein la vue. Il n’en reste pas moins que 5 millions d’habitants (même très riches pour la plupart) s’entassent sur un mouchoir de poche ! Et les terres cultivables, on le devine, sont extrêmement rares. Seul 7% des denrées alimentaires sont produites localement, tout le reste est importé. 

© Sky Greens

© Sky Greens

Comme l’argent n’a pas de valeur sans nourriture, Jack Ng, jeune ingénieur et directeur de l’entreprise Sky Green (Ciel Vert) a mis ses compétences à profit pour aider les agriculteurs de Singapour à produire eux-mêmes plus de nourriture. Concrètement, il a lancé le concept de ferme verticale avec de vrais jardins maraîchers « écolos » sur le toit des immeubles. Sa première ferme possède ainsi des centaines de tours en aluminium où sont cultivés divers légumes récoltés tous les 28 jours. Le principe des tours de Sky Green ont déjà conquis NTUC FairPrice, la plus grande chaîne de supermarchés qui vend pour quelques centimes de plus ces légumes produits localement. Et on se les arrache. Du coup, les projets se multiplient et l’Office National des Parcs a récemment habillé le toit d’un gratte-ciel surpeuplé de l’Upper Serangoon Road d’une véritable ferme pédagogique pour promouvoir l’agriculture urbaine chez les écoliers. Ciel, si nous pouvions en prendre de la graine !

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