Voyage en Hispaniola : un ouragan d'émotions

Destination exotique par excellence, le charme  de la République Dominicaine ne connaît ni l'érosion du temps, ni les tracas de certaines îles trop élitistes. Pourtant elle accueille nombre de VIP...

© S. Dauwe

© S. Dauwe

La République Dominicaine est de longue date courtisée par les vacanciers. Ses plages de doux sable blanc bordées de cocotiers, son climat idéal toute l'année et la présence de luxueux resorts sont littéralement irrésistibles. Punta Cana, sur la côte sud-est, possède son propre aéroport et débarquer ici sous cet abri fait de bois et de feuilles de palmier, ouvert à la brise de l'Atlantique, vous plonge dès la descente d'avion dans une ambiance de vacances, un indicible sentiment de bien-être. Loger ensuite dans l'un des cinq hôtels Riu "All inclusive" répondant aux moindres désirs des divers types de voyageurs qu'il s'agisse de familles ou de couples en quête de quiétude est un évident gage de bonheur. Surf, bodyboard, voile, pédalo... Snorkeling, plongée sous-marine, fêtes ou farniente : une infinité d'activités et d'attentions retiennent nombre d'entre eux captifs. L'écrin est celui des Caraïbes, Méringue* et cocktails colorés y réchauffent les cœurs à toute heure. Mais les curieux ont aussi la possibilité de faire connaissance avec la partie occidentale d'Hispaniola, cette île des Grandes Antilles, autrefois habitée par les Taïnos, première étape de Christophe Colomb dans sa conquête du Nouveau Monde et première colonie européenne en Amérique. Ses terres étonnement vastes, vertes et variées (vallées, plateaux et 5 massifs montagneux) sont si lourdement chargées d'histoire, si âprement liées aux peuples qui s'en sont disputés les fruits que l'émotion est au détour de chaque paysage. La nature luxuriante est pétrie par des hommes, tantôt si clairs et si fiers (les Dominicains, plus ou moins créoles), tantôt si noirs et si pauvres (les Haïtiens). Tous l'ont tous imbibée de leur sang et leur labeur. On ne la découvre donc pas sans un frisson.

D'abord Saint-Domingue !

Descendre à Santo Domingo, cette capitale de près de 3 millions d'habitants qui en compte une dizaine, est l'immanquable excursion. On en visite le centre historique parce que c'est là, quatre ans après sa découverte de l'île, que Colomb a établi en 1496, le plus vieux site de peuplement et premier siège du pouvoir espagnol dans le nouveau monde. Tiraillée longtemps entre les corsaires anglais, les colons français, espagnols et les troupes haïtiennes (qui domineront l'île de 1821 jusqu'à l'indépendance de la République Dominicaine en 1844) , la ville apparait comme une mosaïque toujours partagée entre cyclones et ouragans. Il faut apprécier les contrastes, jeter un coup d'œil au palais présidentiel et s'arrêter un instant devant l'autel de la Patrie pour saluer les trois pères de la nations Duart, Sanchez et Mella avant de passer sous la modeste mais si vieille Puerta del Conde... Poursuivre dans la rue piétonne de la zone coloniale Calle El Conde. Les édifices arborent avec noblesse le poids des ans. Au bout, sur la place Parque Colon, entre pigeons, marchands de cigares et cireurs de chaussures, un peu cachés par des ficus centenaires et dos à la première cathédrale des colonies se dresse la statue de Colomb, un doigt accusateur pointé vers le ciel. Carrément prenant est le palais du Vice-roi et gouverneur Diego Colomb, le fils du navigateur, qui vécut ici, et ses descendants après lui, de 1511 à 1577... Choc encore aux faubourgs de la ville, devant le mastodonte-museum du Phare de Colomb (Faro a Colon), commémorant le 500e anniversaire de la découverte de l'Amérique... Choc tempéré par une visite au parc de Los Tres Ojos, trois lacs enclavés dans un entrelacs de grottes féériques.

Un Bounty sur Saona

© S.Dauwe

© S.Dauwe

De retour dans l'enceinte protégée de notre hôtel, on digère ses premières impressions au bord d'une piscine, savourant l'étendue de nos privilèges. Un tel pays donne la bougeotte. Prochaine escapade : l'île de Saona toute proche pour découvrir ces plages idylliques immortalisées dans les publicités d'un délicieux chocolat ! On embarque à Bayahibe sur un petit bateau à moteur et longe les côtes de cette réserve naturelle protégée, le Parc National de l'Est. De géantes étoiles de mer orange dansent sur les fonds opalins. Plus loin, des pélicans ont investi les ruines d'un petit port. La mangrove, puis les fameuses plages désertes ou presque... un minuscule village et quelques baraques à souvenirs avec des peintures hautes en couleur. Un plongeon dans les eaux jade et pour quelques piécettes, une noix de coco coupées devant vous... Des crabes dansent sous les roses de patates-bord de mer. C'est une excursion de poètes. Les plus sportifs optent pour la Canopy Adventure, près d'Anamuya. Au coeur de la forêt tropicale, des circuits accrobranches plutôt sympas permettent d'apprécier la diversité et la richesse de la nature environnante. Mais la journée Hispaniola Explorer est celle qui reste à jamais gravée dans nos mémoires. Mamajina, polyglotte enthousiaste emmène son petit groupe, hilare de grand matin. Nous ne sommes pas allés au-delà de la «grande ville» de Higüey —où on a visité le petit marché et l'impressionnante basilique d'Alta Gracia construite entre 1947-49 par les architectes français André-Jacques Dunoyer de Segonzac et Pierre Dupré. Mais sillonner d'Est en Ouest le parque nacional del Este (310 km2), prenant le temps de multiples arrêts et découvertes, nous a offert le sentiment d'appartenir à d'effrontés explorateurs.

© S. Dauwe

© S. Dauwe

Vaya con Dios & Vaudou

Parmi l'océan vert anis des champs de cannes à sucre, un hameau abrite une coquette petite propriété familiale qui n'a d'autres vocations que de montrer aux touristes l'infinité de fruits, de graines, de racines et de fleurs. Tout ce qui a fait la prospérité des grandes plantations d'autrefois, petites touches exotiques que l'on tient pour acquises dans nos recettes quotidiennes. Limes, gingembre, caramboles, fruits de la passion, vanille, cacao, café... forment un jardin merveilleux où l'on s'enivre d'arômes. A l'heure du déjeuner, nous atteignons Boca de Yuma. Déjeuner à flanc de falaises face à l'océan avant d'admirer en pirogue la rivière Yuma, ruban d'émeraude qui se jette dans la mer des Caraïbes. Puis on poursuit sur les petites routes, comme dans un autre monde. Avançant à peine à du 20 km/h, le chauffeur a le regard vissé sur les trous et klaxonne s'il croise un autre véhicule. Mamajina dit « c'est le seul code de la route, pour le reste Vaya con Dios ». Fascinés par les paysages, nous méditons sur ces terres, héritage que se transmettent les familles de génération en génération. Arrêt dans un nuage de poussière. Des enfants et des vieillards accourent. Notre guide a prévu de modestes cadeaux. Le long des champs de cannes à sucre, des cabanes en bois : les bateys, campements des travailleurs haïtiens (env. 600.000 en Rep. Dominicaine, la plupart tolérés sous le statut de travailleurs saisonniers), parfois d'allure propret car construit par les propriétaires, parfois vrais bidonvilles car improvisés par les Haïtiens. Un homme doit couper à la machette 2 tonnes de cannes par jour (payé 2$/tonne !) pour garder le droit de travailler. Nos petits riens allument sur ces beaux visages de grands sourires tendres ou embarrassés. Mais au deuxième village, c'est jour de fête. Sous un hangar, les paris vont bon train sur un combat de coq. Sous un second, très obscur, on entre. Un prêtre les cheveux couvert d'un foulard rouge et une vieille dame au regard halluciné nous attendent silencieux. Puis ils dansent avec des hommes-tambours et incantent, seuls eux, savent qui... Echangeant enfin, un petit gage de protection contre un billet. Ensorcelés, nous regagnons nos Riu grand confort, franchement heureux d'avoir choisi parmi tous les hôtels présents sur cette côte l'un des rares récompensés par le label « Or » de Travelife, certification reconnaissant non seulement les efforts engagés pour préserver l'environnement mais surtout, l'engagement social appliquant notamment des politiques de salaires justes. Un bel univers, décidément, se mérite et se construit ensemble...

* danse native de Saint-Domingue ainsi que la Bachata.

RIU - DOMINICAN REPUBLIC EN PRATIQUE

Y aller : Avec JetAir & Jetairfly. Seule compagnie à offrir 4 vols directs/semaine Bruxelles-Punta Cana. Au printemps 2014, le nouveau Boeing 787 Dreamliner mettra désormais les vacances exotiques à portée de tous. Prix àpd 249,9 €. A noter les « plus » de la VIP sélection, vraie plus-value. Plus on réserve tôt, plus petits sont les prix : www.jetair.be

Y loger : Riu possède à Bavaro (à 20 km de Punta Cana) 5 Resort Hotels « All Inclusive » :

  • Riu Naiboa* * * * (moderne) : meilleur marché, pour les jeunesEx : Riu Macao Forfait 7 nuits, 2 pers All in en ch. Double, vols, transferts, Airco, terrasse minibar, àpd. env 2740 euros.
  • Décalage horaire : 5h en hiver / 6h en été
  • Monnaie : 1 € = 57 DOP  (Peso Dominicain)
  • Info : www.riu.com - www.go-dominicanrepublic.eu 
  • Formalités : Passeport valide, pas de visa pour les Européens (max 90 jours) 
  • Vaccins : aucun obligatoire
rss Block
Select a Blog Page to create an RSS feed link. Learn more.