Barcelone : Noël aux balcons avec Carlos Ruiz Zafón

La Casa Batllo illuminée la nuit © JJ Serol

La Casa Batllo illuminée la nuit © JJ Serol

Proche, rayonnante, festive, on y revient dès que possible. Surtout depuis que de nouvelles portes de l’imaginaire se sont ouvertes avec l’écrivain espagnol Zafón. (Re)découvrir à petit pas la capitale catalane sous le doux soleil d’hiver ou dans « l’Ombre du vent » est un véritable « Jeu de l’ange »

Texte & photos : Camille JS/ Pepite Production

Beaucoup connaissent Barcelone. Les Ramblas, les maisons de Gaudi et sa basilique Sagrada Familia -en travaux depuis 133 ans- sont des lieux si marquants, d’une beauté si pénétrante que plusieurs visites sont indispensable… L’immense succès de la saga du « Cimetière des livres oubliés » (plus de 20 millions d’exemplaires vendus dans le monde en moins de 10 ans) a de plus ouvert une voie céleste à Barcelone. Les livres de Zafón, à peine refermés, on ressent l’urgente envie d’emboiter le pas de Daniel Sempere, fils d’un libraire au cœur du vieux quartier gothique ou de David Martin, jeune écrivain hanté par un amour impossible… Deux héros lancés dans une quête obsessionnelle où il est question de livres en péril, de destins enchâssés, mis en abîme dans une ville arpentée en tous sens et si infiniment aimée… Aux frontières du fantastique, les romans embrassent avec virtuosité les genres les plus divers, exactement comme ceux qui ont, au fil du temps, bâti cette ville souvent si mystérieuse, si différente à chacun de ses quelque 50 barrios (quartiers).

Plaça Real © JJ Serol

Plaça Real © JJ Serol

Au départ des Ramblas

Echapper au froid de décembre et atterrir à Barcelone sous les guirlandes Buon Natal est déjà un bonheur. La multitude de Boutique hôtels et de chambres d’hôtes au centre ville rassure. L’info est abondante… Sur Internet, des blogs ultra bien faits répertorient tous les bons plans possibles. Du coup, on peut tout planifier soi-même. Idem pour se déplacer. Le métro, les bus et même, les vélo-taxi (TRIXI) :  tout est simple et parfaitement orchestré.

Le premier soir, nous nous promenons donc ainsi le long des Ramblas. Les kiosques à journaux au centre de la célèbre artère piétonne se sont modernisées. Mais derrière eux, les majestueuses façades restaurées invitent à la redécouverte. Le théâtre de Liceu resplendit de couleurs et d’or. La façade du vieux restaurant chinois au coin de la place de la Bloqueria, avec ses ombrelles et la lanterne dragon impressionnent. De l’autre côté de l’avenue, nous trouvons la sublime Antigua Casa Figueras avec sa devanture en mosaïques 1820 qui vend des aujourd’hui des confiseries. La nuit s’avance et nous remontons vers la plaça Urquinaona. Sur le coin, au n°1, une cerveceria où l’on mange 100 Montaditos, des petits pains fourrés qui se dégustent avec de la bière ou du vin. Tout est bon marché et avec un peu de chance, on tombe un mercredi ou un dimanche et toute la carte est à 1 € ! Nous nous faufilons donc, partageons une table si besoin et nous immergeons dans ce Barcelone, jeune et populaire, qu’auraient adoré les héros de Zafón.

pont du bisbe, quartier gothique © JJ Serol

pont du bisbe, quartier gothique © JJ Serol

Les perles gothiques

Le lendemain, nous explorons le quartier Gòtic. A deux pas déjà de la place de Catalunya, se trouve la ruelle de Santa Ana où vivait la famille Sempere. « La sombra del viento » et « El Juego del Ángel » fourmillent de lieux intrigants et fantastiques. Alors nous décidons d’en dénicher les coins les plus emblématiques. En poursuivant à l’est, de l’autre côté de la Via Laietana, j’atteins le quartier Saint Joseph. Les ruelles étroites réservent des surprises comme le sublime Palais de musique catalane bâti par Luis Domenech, un architecte contemporain à Gaudi. Nous tournons à droite et au milieu de la ruelle se trouve l’Antic Teatre, un petit bar blotti autour d’un cour ombragée et un espace de création qui accueille les soirs de sympathiques concerts. Puis retour dans le quartier Gòtic où nous descendons la Porta de l’Angel pour savourer les jeux d’ombre et de lumière autour de la cathédrale Sainte-Croix, visiter son cloître, son chœur qui renferme le chapitre de la Toison d’or… A gauche, carrer de Montsió abrite la brasserie Els Quatre Gats. C’est dans cet antre de bohème moderniste que Picasso a exposé pour la première fois. C’est là aussi que se rassemblent les bibliophiles, Daniel Semper et Gustavo Barcelo… Nous poursuivons jusqu’à la petite place Cucurella, contemplons un instant la devanture du philatéliste Monge (depuis 1878). Carrer del Bisbe, nous passons sous la passerelle et frissonnons sous les gargouilles. Plus bas, en direction de la plage de la Barceloneta, se dresse l’austère et imposante église Santa Maria del Mar…  Au coin de la carrer de Basea, Sagardi, une taverne basque sert de délicieux tapas sur la terrasse chauffée d’une petite place médiévale. La « bibliothèques des livres oubliés » se trouve peut-être ici quelque part… 

Les mystères du quartier gothique © S.Dauwe

Les mystères du quartier gothique © S.Dauwe

Art & Shopping à Raval

Au troisième jour, nous démarrons plaça Real où vivait Barcelo. Un petit-déjeuner en terrasse nous semble mille fois meilleur qu’à l’hôtel et nous permet une fois encore de se fondre au vrai Barcelone. Nous observons depuis les arcades la foule sillonnant la grande place rectangulaire avec sa fontaine et ses palmiers. « L’ombre du vent » démarre de l’autre côté de la Rambla dans une ruelle nommée Arco del Teatro. C’est un bon endroit pour commencer à lézarder dans Raval. Un siècle plus tôt, ce quartier un peu glauque était celuides cabarets, des salles de bal et des filles de joie. La vie nocturne s’est gentifriée et abrite aujourd’hui des incontournables comme le MACBA, musée d’Art contemporain et le palais Güell, l’ancienne résidence privée de la famille, une réalisation peu connue mais néanmoins intéressante signée Gaudi. Le quartier regorge aussi de magnifiques petits bars et restaurants ainsi que de commerces atypiques. Nous avons beaucoup aimé Lantoki, l’atelier créatif de Sandra et Urko (Carrer del Dr. Dou 15), la boutique de vêtements féminins de Haifa (Carrer del Dr. Dou 15), celle d’objets et mobiliers Vintage-Room (Peu de la Creu 16 bis) et surtout, l’antre de Jose M. Sevilla baptisé Nuovum (Pintor Fortuny 30) regroupant les créations d’objets design de créateurs locaux. Pour jouir pleinement de la féerie des fêtes de fin d’années, il faut traverser la plaça de Catalunya, faire un tour dans le gigantesque Corte Ingles et remonter la prestigieuse avenue Passeig de Gracia où scintillent les grandes enseignes et resplendissent les deux plus belles demeures de Gaudi, la Casa Batlló (1904-06) et le Perdrera (1906-12) que nous visitons, émus, sous un soleil éclatant qui sied à l’explosion de couleurs et d’imagination débridée de ces chefs-d’œuvres.

Le calme des parcs

Pour reposer nos pieds et explorer plus loin, nous avons opté pour le hop on-hop off du Bus touristic qui propose trois boucles. La rouge nous a permis d’atteindre facilement le parc Guëll, plus beau et plus fascinant que jamais, puis de se balader dans un barrio vraiment atypique nommé Gracia. Jusqu’à la fin du 19e, c’était un village indépendant et de nos jours, ses habitants sont restés farouchement fiers et attachés à leur quartier. Très vite, nos pas nous mène à la Plaça de San Felipe Neri où se trouve l’appartement de Monfort, un autre héros de Zafón. Joli prétexte pour explorer ce repaire branché de jeunes créateurs à l’atmosphère apaisante est enchanteresse. Avec le bus, nous embrassons du regard les quartiers plus éloignés, ferons un arrêt au port Vell, le temps de déguster du poisson sur la terrasse du Mare Nostrum en zieutant au loin la colonne de Colomb. Mais la plus surprenante soirée, nous l’avons passée dans le quartier de Montjuic. Une petite balade au Parc Miró, puis nous prenons l’ascenseur qui permet d’accéder au mirador des Arènes de Barcelone (complexe commercial). Là-haut, les bars et restaurants rivalisent de charme avec cette vue panoramique époustouflante. Puis alors que le soleil se couche, nous montons les marches qui mènent vers le Palais national. Là, au centre de cette vaste esplanade, les jeudi, vendredi, samedi et dimanche (l’été de mai à septembre, mais aussi pendant les fêtes de Noël) nous assistons au spectacle des fontaines magiques de Montjuic, un son et lumière inoubliable et insolite à l’origine créé en 1929 pour l’exposition universelle… Quant aux 12 coups du passage de l’an? Nous l’avons passé Plaça Catalunya, à avaler un grain de raisin à chaque coup de minuit comme des milliers de Barcelonais !

Fontaine et Parc Miro aux côtés des Arènes © JJ Serol

Fontaine et Parc Miro aux côtés des Arènes © JJ Serol

En Pratique

http://www.barcelonaturisme.com/wv3/fr/

http://fr.barcelona.com/guide_barcelone

http://www.barcelona-tourist-guide.com/fr

http://www.oh-barcelona.com/fr/blog/

https://visiterbarcelone.wordpress.com

http://les-bons-plans-de-barcelone.com

http://www.getyourguide.fr/barcelone-l45/visites-a-pied-tc3/

http://www.all-barcelona-guide.com/fr/nightlife

http://www.carlosruizzafon.com

Y aller : 

AR avec Vueling, Raynair ou Jetairfly (en décembre) TTC prix autour de 75€

Se déplacer :

Métro : Holà BCN, pass de 2, 3, 4 et 5 jours

Où loger :

Marcelo Raval****, Rambla del Raval 17-21 (métro Liceu), +34 93 320 14 90 (design magnifique et terrasse panoramique) (àpd 100€)

Room Mate Emma, Carrer del Rosselló 205 (métro Diagonal), +34 932 38 56 06 (design et intime) http://emma.room-matehotels.com  (àpd 83€)

Hostal Q, Ronda Sant Pere 22 (métro Urquinaona), +34 933 102 830 (design, sympa et efficace) http://www.hostalq.es 

Hostal House, Carrer de la Constitució 36 (aerobus / station train Sants), +34 619 74 92 80 (Mini Boutique hôtel ultra confortable, entre l’aéroport et les arènes) http://www.hostalhouse.com (àpd 35€)