Conseils techniques, choix de matériel... Jean-Jacques Serol partage avec vous ses coups de cœur d’expositions à ne pas manquer, ses regards passionnés sur l’art, le voyage et la photographie…

Que penser de l’Expo "évènement" Steve McCurry à la Bourse de Bruxelles?

Sharbat Gula, Afghan Girl Peshawar, Pakistan 1984 © Steve McCurry

Sharbat Gula, Afghan Girl Peshawar, Pakistan 1984 © Steve McCurry

C’est l’évènement culturel du moment! 

Sponsorisé et médiatisé à outrance, il est difficile de passer à côté!

Alors oui, nous avons monté les escaliers et fait la queue, un peu longue vu le monde et surtout, la lenteur aux guichets! Le prix de 12 euros bien qu’excessif ne nous repousse pas. Nous pénétrons dans cette endroit mythique qu’est la Bourse de Bruxelles qui n‘est normalement plus réservé au négoce de l’argent, quoique… Quand on voit le nombre de produits dérivés (livres, catalogues…) en vente à la sortie, on se pose des questions.

En réalité, des questions, on s’en pose tout au long de la découverte des 200 images du «World of Steve Mc Curry» élégamment mise en scène à travers un labyrinthe de longs voiles, où l’on s’égare vite au gré des taches de couleurs qui nous attirent.

Certes, il est indéniable que l’artiste a du talent. Ses images sont superbes et sont comme un rappel historique de notre passé très proche et déjà trop vite oublié... On admire particulièrement l’alcôve avec les clichés en noir et blanc du début de sa carrière (1979-1980) lors de son premier reportage en Afghanistan (là, il est seul, sans moyen, au péril de sa vie et il laisse vraiment parler ses tripes). C’est d’ailleurs au cours ce premier grand reportage qu’il croise dans une école, une fraction de seconde, celle qui deviendra l’icône de de la photographie et le symbole d’espoir et de paix...

Telle une Joconde, Sharbat Gula, cette jeune afghane aux yeux verts qui fit l’emblématique couverture du National Geographic semble nous jauger. Son regard persan doit bien s’étonner de voir les gens sortir leur smartphone, prendre quelques selfies à ses côtés avant de laisser leur place…. au suivant. Ce tour du monde ne laisse pas indifférent, et puis on surprend des bribes de conversations telles que « Oh, celle-là, elle est chouette, je la mettrais bien au salon! » et regarde la dite image pour découvrir un enfant guerrier posant impeccablement avec sa panoplie d’armes et ses rouleaux de cartouches, très loin d’une photo prise sur le vif. Alors quoi, le but de cette expo est de faire rentrer la guerre dans les maisons comme une oeuvre d’art? Ou est-ce de servir de témoignage historique? Grand débat auquel seul Monsieur Mc Curry peur répondre.

L’ensemble de l’exposition vous prendra environ 2h, les commentaires de l’audio-guide inclus dans le billet sont d’une lecture digne des années 50 mais tout de même essentiels et riches en anecdotes.

Enfin, il y a ce qui est pour moi le plus dérangeant. Le film documentaire retraçant sa recherche de Sharbat Gula pour la re-photographier 17 ans après. Même la belle voix off de Sigourney Weaver s’envole comme un soupir… Le film est lourd et ça sent le dollar versé à la pelle pour retrouver cette femme! Les intervenants ont visiblement peur, de ne pas répondre correctement, peur de ne pas profiter de cette manne venu de l’Oncle Sam? Et lorsqu'enfin il la retrouve, il s’acharne dessus pour tirer encore et encore son portrait. Pour faire parler de lui, pour encore faire de l’argent? J’espère que je me trompe mais là, vous nous décevez Monsieur McCurry!

Il est sans doute important que chacun se fasse sa propre idée… De toute façon, vous ne serez pas déçu car il y a vraiment des images superbes. Quant à la scénographie de Peter Botazzi sied parfaitement au lieu.

Expo/ The World of Steve McCurry

Du 04 mars au 25 juin 2017, 12€

PROLONGATION EN RAISON DE SON ENORME SUCCES JUSQU'AU 20 AOUT 2017 !

Bourse de Bruxelles, placide la Bourse, 1000 Bruxelles

www.stevenmccurryexpo.be

BDMcCurry copie.JPG

En parallèle à cette exposition, il est intéressant de lire la Bande dessinée scénarisée par J.D. Morvan et Séverine Tréfouël et dessinée par Jung Gi Kim. Il s'agit du troisième album d’un partenariat entre les éditions Dupuis, collection Aire Libre et Magnum Photo.

Mc Curry, NY 11-09-2001 retrace la carrière du photographe, sa rencontre avec Massoud, son reportage sur la mousson en Inde et ses divers faits d’arme. Un raccourci de l’expo où vous retrouverez parmi les cases, 80 photographies parmi les meilleurs images du reporter dont 8 clichés inédits.

BD/ Mc Curry, NY 11-09-2001

Dupuis aire libre Magnum 

JD Morvan - S Tréfouel - Jung Gi Kim

136 pages, 24€

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"Les Amazones du PKK" par Collin Delfosse

Alors que le monde tremble sous la menace de l'état islamique, l'opposition se construit. Le peuple kurde au travers du PKK (le Parti des travailleurs du Kurdistan) combat avec l'énergie de ceux qui n'ont plus rien à perdre mais tout à gagner. Après les Arméniens, les Kurdes sont les suivants sur la liste du génocide puisque la Turquie les dénie et tente au mieux de les assimiler. Alors là-haut, dans les montagnes aux confins du nord de l'Irak dans la région de Qandil, un dernier groupe de combattants survivent depuis 30 ans dans les entrailles de ces rigoureuses montagnes, luttant jour après jour, pour regagner leurs territoires occupés. Aujourd'hui, pris en étau entre les feux de la Turquie et ceux de l'état islamique, ces combattants que d'aucun appelle "des terroristes" ont bravés leur culture kurde patriarcale et traditionnelle pour adopté une idéologie maxiste-léniniste. Entre libération sociale et discipline militaire, on retrouve donc des bataillons de femmes, frondeuses et déterminées, dans cet étrange apprentissage de l'affranchissement. Le jeune photojournaliste Collin Delfosse (81) les a accompagné un bout de chemin en 2009. Celles qu'il a nommé "les Amazones du PKK", détiennent à l'évidence une des clés du combat. On les observe se balader dans les hautes herbes avec leurs kalachnikov... les larmes aux yeux et les tripes nouées. De simples images du quotidien de ces femmes de tous âges et de toutes conditions, armées de leur seule volonté et de quelques armes , luttant pour leurs idéaux. C'est un témoignage exceptionnel. A voir au Musée de la Photographie de Charleroi, avant ou après la salle des Arméniens, images d'un destin. Jusqu'au 17 mai 2015.

Avenue Paul Pastur 11  (GPS : Place des Essarts) B-6032 Charleroi (Mont-sur-Marchienne).Tel. 32 (0)71 43.58.10 – Fax 32 (0)71 36.46.45.  www.museephoto.be

Les Arméniens. Images d’un destin. 1906-1939

Le samedi 24 avril 1915, à Constantinople, capitale de l'Empire ottoman, sept cents notables et intellectuels arméniens sont arrêtés et assassinés sur ordre du gouvernement jeune-turc. Cette date marque le début d'un vaste programme de déportation et d’extermination d’un peuple intégré depuis des siècles avec d’autres communautés dans l’Empire ottoman. Le premier génocide du XXe siècle coûtera la vie à près d’un million trois cent mille Arméniens et laissera des milliers de réfugiés et d’orphelins éparpillés en Europe et au Proche-Orient. 

Des horreurs de ces massacres, peu d’images sont connues. Mais, des photographies de ruines, de déportés ou d’orphelins dans les centres de réfugiés d’Alep ou de Beyrouth, ont été collectées par des missionnaires jésuites présents dans cette partie du monde dès 1881 ou prises directement par eux. Certains de ces Jésuites se révélèrent photographes de talent, tels Antoine Poidebard (1878-1955) ou Guillaume de Jerphanion (1877-1948). Si certaines de ces photographies ont parfois été reproduites, l’exposition Les Arméniens. Images d’un destin permet à la majorité des clichés qui la composent de sortir pour la première fois des collections de la Bibliothèque orientale de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, dont la photothèque est d’une remarquable richesse historique. 

Près de cent photographies constituent cette exposition partagée entre des épreuves originales et des tirages réalisés à partir des négatifs par le laboratoire du Musée de la Photographie à Charleroi.  

Si l’exposition Les Arméniens. Images d’un destin résonne malheureusement comme un effroyable écho de l’actualité du Proche-Orient, son propos n’est pas de témoigner de la tragédie même du massacre des Arméniens, mais bien de ses conséquences. Elle permet en outre de mettre un visage sur ce peuple, de découvrir leurs conditions de vie avant 1915 et leurs tentatives de reconstruction dans l’exil, dans les camps ou les écoles. 

Cette exposition est le fruit d’une collaboration entre la Photothèque de la Bibliothèque orientale de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, la Fondation Boghossian et le Musée de la Photographie à Charleroi, dans le cadre du mécénat de la Fondation Boghossian consacré au développement de cette photothèque visant à la préservation des collections photographiques de la Bibliothèque orientale, sur les conseils du Musée de la Photographie à Charleroi. 

UNE EXPOSITION A NE PAS MANQUER EN CETTE FIN D'ANNEE 2014...

Musée de la Photographie à Charleroi est ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 18h (fermé les lundis, le 25  décembre et le 1er janvier)

Vernissage ce 12/12/2014. de 19 à 21h. Exposition du 13/12/2014 au 17/5/2015.

Avenue Paul Pastur 11  (GPS : Place des Essarts) B-6032 Charleroi (Mont-sur-Marchienne). Tel. 32 (0)71 43.58.10 – Fax 32 (0)71 36.46.45.  www.museephoto.be