Conseils techniques, choix de matériel... Jean-Jacques Serol partage avec vous ses coups de cœur d’expositions à ne pas manquer, ses regards passionnés sur l’art, le voyage et la photographie…

Les rencontres de Arles : 2014, année charnière

Arles propulse depuis 15 ans les photographes au devant de la scène… Cet été, expositions et événements se succèderont comme chaque fois tambour battant jusqu’au 21 septembre, rendant quelque hommages particuliers à des grands noms des Sixties, mais frissonnant aussi devant son avenir incertain. 

C’est en 1969 sous l’impulsion entre autres de Lucien Clergue, Michel Tournier et nombreux de leurs amis que sont créées ces rencontres photographiques. Leur but : faire reconnaître de la photographie comme un « Art majeur ». Réel carrefour d’échanges en Pros et Amateurs, ou tout simplement amoureux d’images, les Rencontres d’Arles devinrent très vite un événement incontournable pour qui se passionne pour « l’instant figé ». Un succès tel que François Mitterand décida en 1982 de fonder l’école nationale supérieure de la photographie à Arles.

Ensuite, sous l’impulsion de François Barré, Jean Noel Jeanneney, puis de François Hébel (en 1986, 1987, 2002-2014), tous présidents à très forte personnalité, les rencontres deviennent le Must culturel de l’été pour toute la France. L’été 2013, on y comptait près de 100 000 visiteurs. Malheureusement, la crise économique frappe uns fois encore en premier lieu le monde de la culture. Les anciens Ateliers SNCF,  lieu mythique de ces rencontres, pourraient être affectés à d’autre projet… François Hébel dirige sa dernière prestation. L’édition 2015 promet déjà de complexes problèmes de réalisation…

Entre-temps, cette année augure encore d’un excellent cru et les aficionados du « clic-clac » continueront tout l’été à converger sur Arles et les alentours. Car il est impressionnant de voir la ville se transformer en une immense messe de la photo où à chaque coin de rue se croisent Leicaïste, Nikoniste Canoniste… engagant des débats passionnants et prometteurs à la terrasse des cafés de cette très belle ville. Pour sa dernière édition, François Hébel a voulu rendre un hommage aux grands noms qui ont fait la réputation d’Arles. Entre « Parade » et « inédits »; une multitude d’expositions, scénographies et performances sont bien sûr prévues.

Javier Sanso par Maud Bernos (série "Blue Eyes")

Javier Sanso par Maud Bernos (série "Blue Eyes")

Parmi ces dernières, de belles rencontres consacrées à Raymond Depardon, Christian Lacroix, Martin Parr, Lucien Clergue, Erik Kessels, Bill Hunt, Joan Fontcuberta, Luce Lebart, et bien d’autres encore.

Mick Jagger par David Bailey

Mick Jagger par David Bailey

Surtout n’oubliez pas, parmi les « Inédits », l’expo de David Bailey (celui qui inspira le film Blow Up d’Antonioni) grand portraitiste des Sixties et ami personnel de Mick Jagger, qui pendant une décennie a immortalisé avec brio tous les grands noms de la scène culturelle anglo-saxonne. Une expo qui s’articule autour de regroupements particuliers. «Je les ai regroupées par tribus : les sixties, les “Box of Pin-Ups”, les gens nus, l’East End, la tribu Mick Jagger, la Nouvelle-Guinée…»

A l’église des trinitaires, on découvre l’univers de Vik Muniz qui expose pour la première fois à Arles. Seul regret, on y observe des agrandissements de ses collages, ce qui pour une expo d’un telle envergure est un peu dommage. Il aurait été préférable de montrer ces collages originaux.

A voir aussi, le travail de Gimpel qui, voyant dans la rue des enfants jouer à la guerre, a décidé de les faire poser dans des reconstitutions ‘réelles’ de scènes de tranchées… Totalement troublant de voir le résultat de cette « fausse guerre », alors que toutes les images ont été prises pendant la Grande guerre. En noir et blanc et « autochrome » (procédé des frères Lumières) en couleurs.

Tout le programme sur www.rencontres-arles.com 

PS : N’oubliiez pas votre appareil, il est un peu indécent d’y sortir son Smartphone :-)