Le Surf, c'est reparti...

Suivez les nomades du "Nouveau millénaire"... Et découvrez tous les meilleurs 'spots' d'Europe.

Les surfeurs vivent libres en communion avec l’océan. Refusant les contraintes du quotidien, ils se saignent souvent pour entrer au cœur des vagues avec une planche dernier cri. Ils font rêver depuis les 70’s et aujourd'hui aussi, plus que jamais. Car ils vivent leur rêve bien éveillés, parcourant la planète quêtant la houle.

Texte : Sophie Dauwe & Photos : Jean-Jacques Serol / Pepite Photography

Lorsque l’hiver s’achève, ceux-qui-chevauchent-les vagues transhument de Bali, d’Hawaii, du Maroc ou d’ailleurs pour réintégrer les spots d’Europe, voire le Spot n°1, celui de la côte landaise, où du Bassin d’Arcachon à Biarritz, s’étendent plages et dunes de sable enlacées par deux océans, l’Atlantique et les forêts de pins maritimes. Au sud, là où commence le Golfe de Gascogne, trois villages de mer vivent au rythme des houles. Cap Breton, ancienne escale de baleiniers aujourd’hui port de plaisance, Hossegor, élégante station de villas basco-landaises années 30 étalée autour d’un lac marin et juste à côté, Seignosse dévouée à son parcours de golf et à ses plages, à présent surtout courtisée par une caste cosmopolite : les surfeurs. Au premier contact, le spectacle éblouit. Jeunes gens de tout horizon au bronzage impeccable, au corps sculpté par l’effort et parés de tenues de plage colorées sont les acteurs d’un fascinant ballet aquatique. Ils flirtent avec les vagues, ramant ferme face au courant. De l’aube au couchant, ils vont et viennent au rythme des déferlantes, exceptionnelles en ces lieux grâce à l’union sacrée du « gouf » de Cap Breton, canyon marin profond et proche de la côte et des dépressions nées au large de l’Islande apportant la houle.

Hôtels, bars, restaurants, magasins de décoration et surtout de prêt-à-porter Billabong, Quicksilver, Ripcurl, Roxy, THC… tous les commerces sont orientés surf et surfwear. Comme si le modèle absolu étaient ces vagabonds des plages, ces hippies sea, sex and surf des années « pétard », tribu parallèle à celle des libertaires californiens. Si leurs anciens gourous sont pour la plupart devenus de richissimes hommes d’affaire s’apprêtant à vendre —mondialisation oblige— leurs joyaux en bourse, c’est grâce aux millions d’ados qui tout autour du globe ont adopté l’esprit surf. Leur éthique authentique, écologique et subversive les interpellent. Enfants de la consommation, ils cherchent leur voie désireux de s’émanciper du marketing et de ses manipulations, alors même —paradoxe suprême— qu’ils en sont la cible principale.

Les Mutins de la Mer

A 63 ans, Emmanuel et Maximilien Berque dits « les jumeaux de Contis », pionniers du surf sur la côte landaise et Performers de l’océan sont encore pour les plus jeunes des Héros dont certains suivent fébrilement les exploits océaniques sur www.sansboussole.com. Leur vision de ce sport, ils l’on un jour résumé comme l’écho d’une seule et même âme dédiée à un idéal sans compromis : «Pour nous, l’appel de la mer va plus loin que de gesticuler sur une planche. Le surf, c’est un mode de vie, une recherche d’espace et de liberté… le besoin d’être sans avoir. La même foi animaient d’ailleurs les premiers, les vrais hippies du surf. Ils ne possédaient rien d’autre que leur temps et une planche. Ils travaillaient peu, avaient peu d’argent, ce qui induisaient un hygiène de vie très sobre. Ils étaient beaux, efflanqués, portaient les cheveux longs de l’homme libre, blondis par le soleil. Ils surfaient des long boards sans combinaison, le corps bronzé. Ils savaient pêcher, cuisiner, dormaient à la belle étoile, sous tente ou dans un camion. C’était de vrais beach-boys capables d’attendre, indéfiniment, ces moments magiques qui n’arrivent que de temps en temps lorsque la géométrie de la mer se met en place et offre soudain des vagues parfaites. Ils entrevoient alors le paradis, connaissent ces décharges d’adrénaline qui font planer pour le reste du jour.»

Professionnalisation

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© S. DauweSurfer existe depuis la nuit des temps. C’est une activité naturelle et commune à bien des peuples des îles, polynésiens surtout, mais pas seulement Hawaiiens, même si leurs anciens rois montaient sur le trône pour avoir chevauché sur les plus longues planches, de terribles vagues. Le Film « Endless Summer » en 1964 provoque une retentissante onde de passion pour le surf alors que naît une presse spécialisée (Surfer magazine, Reef…) héraut de la Soul Surfing, suscitant partout l’envie de parcourir les continents à la recherche du « perfect swell » (la houle parfaite). En 1969 naît à Hawaii la première compétition Pro. La Short Board (planche moderne) débarque et avec elle, les sponsors et les premiers surfeurs professionnels. Pour s’attaquer aux vagues les plus folles, ils adoptent l’entraînement et la drastique hygiène de vie des sportifs de haut niveau.

Les nostalgiques disent que les hippies du surf ont disparu. Que la généralisation des combis et des leashs des surfeurs (le cordon qui les relie à la planche) a provoqué l’encombrement des spots, que la démocratisation a dénaturé l’esprit surf. Bien sûr, il y a des mecs pressés qui débarquent le temps de vacances trop courtes avec leur jolie bagnole et une belle planche signée d’un shaper (celui qui fabrique les planches) en vogue, se paient un studio face à la mer, dînent au resto et monopolisent les vagues des heures pour frimer la nuit tombée avec ses belles fringues surfwear sur la terrasse du Rock Food, le bar branché surfeur d’Hossegor. Mais sur le parking des Penons à Seignosse, il y aussi des camionnettes (dont quelques combi VW des 70s) où zonent l’été, les surfeurs nomades.

The new Kings

Bux, Ben, Greg et tant d’autres vivent leur amour du surf, aidés par le RMI et quelques jobs saisonniers pour entamer, à l’été indien, leur transhumance vers le sud. Lacanau en début de saison, Seignosse-Hossegor l’été puis la Côte basque, la Galice, le Portugal avant de descendre l’Espagne et gagner, via Gibraltar, le Maroc où ils surfent leurs secret spots quelque part entre Casablanca et les portes de la Mauritanie… Sensations et liberté leur coûtent souvent une bonne dose de solitude. Exit les Seventies, les rois de la plage n’embarquent plus les jolies naïades. Les surfeurs vivent seuls ou en couple depuis de longues années déjà. Ils se dopent de cocktails de légumes énergétiques pour plonger à l’eau le matin tôt et monter à l’assaut de montagnes d’eau rugissantes.

Quelques uns finissent un jour par penser aux lendemains. Gary est devenu moniteur de voile, vit sur son bateau et surf chaque minute libre. Mick & Micha ont passé leur Brevet d’Etat pour ouvrir, il y a presque dix ans déjà, leur école de surf. Baptisée « Authentique », la petite nouvelle s’est forgée une réputation parmi les écoles de la région. Dès le premier été, la cabane a explosé de candidats. Avec le temps, ils ont diversifié leur offre (collectif pour entreprise, stage à thème sur le surf & l’écologie...) et prennent au sérieux leur mission sans plus penser à la compet’. C’est à peine s’ils jettent un coup d’œil aux stars qui débarquent sur leurs plages chaque année en octobre pour l’étape landaise des championnats du Monde, la Ripcurl Pro. Bien sûr, ils admirent l’inégalé pulvérisateur de records Kelly Slater (le Nijinski du surf à la divine gestuelle). D’amis Pro, ils ont retenu les leçons. Arrêter de fumer, faire du yoga et scorer dans les vagues avec le credo « ramer comme un maniaque, se lever comme un éclair et surfer avec amour ». Cette vie plus « conforme » est aussi indissociable de la musique. Micha gratte toujours furieusement ses guitares. Un nouveau band de punk-hardcore s’est d’ailleurs formé cet hiver : les «Human Must Disappear»... Tout un programme ! Ceci dit, la plupart des surfeurs écoutent surtout les mélodies intimistes et inspirées de musiciens surfeurs tels Jack Johnson ou Rob Machado. La planète surf est vaste. Mais les filles y restent rares. La plupart des nanas décrochent vite ou préfèrent le Bodysurf (petite planche que l’on surf couché avec des palmes). Puis il y a des exceptions, comme l’ange gardien de Soustons, au nord de Seignosse. Quand la mer fracasse les planches et les courants de baïne emportent les baigneurs imprudents, les regards se tournent vers Stéphanie Barneix. Bardées de multiples médailles aux championnats d’Europe et du Monde, elle excelle en sauvetage côtier et surtout en paddleboard (à l’origine du surf, planche sur laquelle on rame, à genoux ou allongé). Le métier la passionne et elle se lance les défis les plus fous avec un seul désir « Sauver plus de vies ». En 2003, elle est la 4e femme au monde à achever en solo la mythique course de paddleboard longue distance à Molokai (59 km) en 7h1’.

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© JJ SerolInfo :

Maison de la France : www.franceguide.com

CDT Landes : +33 5 58 06 89 89 –www.tourismelandes.com

Ecole de surf Authentique

plage des Casernes, Seignosse : +336 11 97 25 87 ou +33 6 75 12 94 62.

www.authentique-ecoledesurf.com

Trouvez les meilleurs spots de France et toutes les Actus en surfant aussi sur :

landes.surfingaquitaine

www.surfingfrance.com

www.longboardfrance.com

windsurfing.ifrance.com

wannasurf.com

A Lire & emporter : L'excellent Stormrider Guide Europe que l'on trouve dans toutes les bonnes librairieswww.lowpressure.co.uk

Y aller :

En train : TGV PARIS-BORDEAUX (3h14) / BXL-Bordeaux (6h):

WWW.SNCB-EUROPE.COM

WWW.SNCB-EUROPE.FR(pour les Français : ce site vous permet d'acheter d'un coup tous vos trains, TGV ou autres sur 1 même site).

Ensuite louez une voiture sur silloner librement les bords de mer avec SIXT.

TOUS LES MEILLEURS SPOTS D'EUROPE CONSEILLES PAR MICHAEL D'ELIA, PROFESSEUR "AUTHENTIQUE ECOLE DE SURF"

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Bundoran et Easky en Irelande.

Des vagues de 'reef', cassant sur des dalles rocheuses. Aux alentours de Bundoran, plusieurs spots de qualité mondiale, et quelques beachbreak (vagues de sable) pour les débutants. Bonne destination, mais au temps variable et eau froide.

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Thurso East en Ecosse.

Spot de qualité mondiale très connu car il y a même eu des compétions internationales. Un peu comme ci-dessus, dalles rocheuses, eau froide, d'autres bons spots et vagues pour débutants aux alentours, ainsi qu'une centrale nucléaire, ce qui casse bien "l'exotisme" écossait.

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Newquay, Angleterre. Incontournable

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la Surf City sur le continent des "rosbeef". Multitude de spots aux alentours, écoles de surf, surfshop, bar surf, compétitions, en-veux-tu-en-voilà!

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Scheveningen, aux Pays-Bas

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La station surf en Mer du Nord. Nombreux beach break, où certes, la qualité des vagues n'est pas vraiment comparable à l'Aquitaine, mais l'ambiance y est, des surfers hardcore passionnés qui y sévissent toute l'année, et font vivre une scène surf apparemment très active: The Spot belgo-hollandais.

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La presqu'île de Quiberon en Bretagne.

Plusieurs beach breaks, plusieurs options car plusieurs expositions de houle et décors scéniques. Convivialité bretonne légendaire à l'eau... et dans les pubs!

-Bud-Bud en vendée, le beach break du coin

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de très bonne qualité, quand la houle est la, çà balance des tubes, et y a du monde et du niveau à l'eau. Sinon, la vendée regorge de beach break tranquille et sympa.

-Lacanau en Gironde

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Incontournable. Bons beach break avec une forte scène surf en été. C'est là qu'ont eu lieu les premières compétitions de surf en Europe.

-La plage des Casernes, à Seignosse.

Spot

'dit secret'

il y a une douzaine d'année! Multitudes de bancs de sables où tous les niveaux y trouveront leur compte. Possibilité d'y trouver encore des vagues pas trop peuplées en été. Et surtout, l'excellente école de surf Authentique, avec ces moniteurs hyper sympas et services de qualité... hé, hé, hé!

-La Nord, Hossegor

. Le beach break qui tient les grosses grosses vagues (les beach break saturants généralement au-delà d'1m50, 2m).

J'adore!

Avoir envie de s'engager, une bonne capacité de nageur, à tenir les apnées et rester zen en situation difficile. Ne marche en général que par grosses houles.

-La Gravière, Hossegor.

Le shore break (vague de bord) de La Nord. Là, çà ne rigole pas: des tubes caverneux, du monde à l'eau, des Pros qui attentent à leur intégrité physique, des locaux "aggros", des planches et des corps cassés, débutants: restez sur la plage et savourez le spectacle. Nécessite une grosse houle.

-La piste Cap Breton.

A quelques encablures d'Hossegor. Quand la houle est là, ce que la piste perd en taille, elle le gagne en radicalité. La encore, des tubes, des tubes, des tubes... et du monde à l'eau. Spot technique. Débutants s'abstenir.

-Biarritz. Plusieurs beach break de qualité moyenne

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Sur citadin, pollué, repaire à bobos. Endroit plus intéressant pour faire un petit repas romantique autour d'une sardinade au Port Vieux que pour la qualité de son surf.

-Parlementia-Guétary.

Reef qui casse sur des dalles rocheuses. Vague de large facile et fun jusqu'à 2m. Epique quand c'est gros. A partir de là, être vraiment sur de soi car les chutes imposent des apnées vraiment longues. Du monde et parfois du localisme à l'eau.

-Lafiténia. Au sud de Guétary

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La droite du Pays basque, qui casse sur du rocher. Pour niveau intermédiare à confirmé, et pour ceux qui aiment la promiscuité car toujours très peuplé. Les locaux gèrent le pic!

-Mundaka, Pays basque espagnol.

La vague européenne! Une des 10 plus belles vagues au monde. Une gauche très radicale, interminable, parfaite ; tubes démentiels ! Beaucoup, beaucoup de monde à l'eau, des pros, des locaux aux attitudes de hooligans extremistes, des photographes. Une étape, avec Hossegor du tour pro. A besoin de beaucoup de houle. C'est un spot de tous les défis où l'on peut passer des heures à l'eau sans prendre une vague, casser sa planche, se blesser, risquer de se faire cogner par les locaux, se faire dépouiller sa voiture sur le parking... mais aussi prendre la vague de sa vie!

-Rodiles, Espagne.

La petite soeur de mundaka. Gauche magnifique, un peu plus accessible, mais les locaux se la protègent jalousement. Y faire profil bas, et pour les débutants, préférer les spots alentours.

-Nazaré, Portugal. Beach break radical, 

qui peut être fun en été par petites houles. Il y a deux ans, Mc Namara, big wave rider hawaiien y a surfé en tow-in la plus grosse vague jamais ridée jusqu'alors. Cet hiver, c'est son compatriote Shane Dorian accompagné de deux Français, qui s'y jettent... à la rame! Pour surfers aux tendances suicidaires...

-Super Tubos, Péniche, Portugal

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Compétitions, surf radical et tubulaire sur des beach break aux odeurs de sardines quand c'est off shore (usines à proximité). Dans le top 5 des spots européens. Débutant: passe ton chemin!

-Algarve, sud Portugal

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Pleins d'expositions de vent et de houle, des vagues pour tous les goûts. Une ambiance ultra paisible. Du soleil toute l'année, un sanctuaire pour les débutants, surtout allemands qui s'accumulent par centaines, les uns sur les autres, et font n'importe quoi. Destination néanmoins sympa et agréable. Pour ceux qui n'ont pas envie de surfer seul.

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