Nuit en cabane

...Plus qu’un rêve d’enfance

Reportage : Sophie Dauwe & Jean-Jacques Serol / Pepite Photography

Passer la nuit dans une cabane perchée dans un arbre : une expérience très tendance qui a fait tache d'huile et se décline désormais sous diverses versions plus ou moins luxueuses... Comme si, devenue indispensable, elle offrait une solution à nos vies souvent déconnectées de la majesté de la nature qui nous entoure. Plus qu'une simple escapade, cette expérience a quasi valeur thérapeutique. Elle ralentit le temps, apaise l’esprit, ravive des souvenirs, ranime la candeur. En symbiose avec les éléments qui nous entourent, elle éveille les sens, scelle les liens qui nous unissent à nos proches et nous plonge dans une contemplation silencieuse, un monde merveilleux... où tout redevient possible...

C’était au temps des sarbacanes, des sabres de bois et des destriers surgis de notre imaginaire... Lors de poursuites, certains criaient « cabane » lorsqu’ils se voulaient intouchables, hors de portée d’un danger. Mômes des villes sur un terrain vague ou mômes des champs sur ces espaces qui semblaient infinis, nous avons tous construit ou joué dans l’une d’elles. De vieux draps et de pinces à linge ou de ramures et d’écorces, au ras des herbes folles ou lovées entre les branches d’un arbre, la cabane de notre enfance était toujours une forteresse inexpugnable. Elle protégeait notre innocence et régénérait nos rêves. On y cachait des trésors ou un journal intime, on y sirotait des menthes à l’eau dans des gourdes qui sentaient le plastique et même les parents les plus durs respectaient cette plage intime de notre enfance. Alors s’il y a une chose qu’aucun adulte n’a oublié, c’est bien cette cachette idéale, ce petit nid où l’on pouvait si facilement se couper du monde inquisiteur et incertain, prendre du recul, de la hauteur, dormir et rêver…

Source de réconfort

Heureusement, les cabanes n’ont jamais disparu. En Asie comme en Afrique, certaines ethnies construisent toujours leurs maisons dans les arbres. En Angleterre, la Reine Victoria prenait, paraît-il, régulièrement son thé dans une maisonnette perchée en haut d’un tilleul plusieurs fois centenaire. Est-ce de ce rituel insolite que la souveraine a tiré sa longévité et échappé de justesse à la folie ? Quant aux Américains, ces grands enfants, ils sont depuis longtemps champions en la matière. En tapant « treehouse » sur n’importe quel moteur de recherche sur Internet, vous trouverez en moins d’une seconde plus de 600.000 références pertinentes sur le sujet. Là-bas, elles existent même en préfabriqué à accrocher aux arbres ou sur pilotis, selon les modèles les plus farfelus. A seriousbusiness qui vise un public de plus en plus large d’amoureux de la nature. Sur les terres de Molière, il a fallu attendre le nouveau millénaire pour voir apparaître les premières cabanes construites par et pour des adultes. Perchées à des hauteurs naviguant entre 4 et 15 mètres, ces havres de paix bâtis tout en bois s’articulent autour d’arbres choisis avec soin pour leur grâce et robustesse. Parce qu’il n’existe pas encore d’architecte arboricole diplômé, les constructions s’appuient avant tout sur le savoir-faire de menuisiers-poètes inspirés et athlétiques. D’une superficie de 12 à 30 m2 dont la moitié est le plus souvent occupée par une terrasse, ces cabanes ont pour point commun un grand respect de « l’arbre hôte » qui n’est meurtri d’aucune visse ou clou et peut continuer à grandir en toute sérénité. Une combinaison de haubans et d’étaux à tire-fond, desserrés chaque année, maintiennent toute la structure.

Plus belles qu’en rêves

En Bretagne, non loin du Mont Saint Michel, le Domaine des Ormes est un vaste village de vacances atypique très prisé des Britanniques, un camping de luxe alignant des mobilhomes, des piscines, un centre équestre et un golf 18 trous autour d’un joli château 19e ! En 2003, le fiancé de Sonia, l’une des deux filles du propriétaire du domaine, ne trouvant pas de lieu original où emmener sa future en voyage de noce, demande conseil à son beau-frère Arnaud. Occupé avec Cédric à monter un parcours aventure dans les arbres, il lui lance en boutade : « une cabane en haut du hêtre à côté du château ». Ainsi fut fait et la belle épousée baptisa la cabane. Les semaines passent et des golfeurs intrigués demandent à louer l’étrange refuge… Le succès est tel qu'une décennie plus tard, le domaine compte plus d'une vingtaine de cabanes de tout gabarit. Cabane "Cocoon", Verrière", "panoramique", "par coeur"... navigent perchées de 10 à 13 m de hauteur dans un sous-bois sur de majestueux thuyas. On n’accède à certaine qu’au terme d’un parcours acrobatique fait d’une échelle de corsaire, de tyroliennes et de passerelles. D'autres plus « familiales » souvent des jumelles sont installées sur des plateformes, l’une dans des chênes, l’autre dans des cèdres. Un simple escalier y mène. Ce que nous aimons vraiment dans les cabanes du Domainedes Ormes est que l'esprit cabane reste authentique. L’intérieur est spartiate. Un grand lit surmonté d’une moustiquaire, une urne ou un petit meuble de rangement, bougies ou lanterne, parfois un miroir et toujours un coffre en bois camouflant un WC sec pour ses besoins qu’il faut recouvrir de sciures. Pour passer la nuit dans celles des sous-bois les plus sportives, on reçoit un sac à dos avec deux lampes de poche frontales, un litre d’eau minérale pour s’ébrouer, un sac en plastique pour couvrir l’intérieur des toilettes, un casque de sécurité, des gants, un baudrier à poulie et une mini-formation pour employer le tout. Ensuite, on est là, le cœur battant de souvenirs et de désirs… tout seul face à la cabane surgie de nos songes et fébrile, on y accède avec le sentiment indicible de faire un rêve éveillé. Loin du stress et du tumulte des villes, viennent ici des couples ou des grand-mères encore allertes avec leurs petits enfants, pour s’aimer de branche en branche. Quelle belle revanche…

L’éveil dans la forêt

Les livres d’or sont unanimes. L’expérience est mémorable, fantastique, phénoménale… Certains s’identifient à Robinson, d’autres à Tarzan et à Jane. D’autres semblent revivre les aventures de Tom Sawyer avec son ami Huckleberry Finn. Les plus jeunes font référence aux Ewoks de Star Wars ou à Robin des Bois. Mais tous, en lune de miel ou fêtant leur noce d’émeraude, y célèbrent leurs amours. Ensuite, ils boivent un verre en écoutant les bruits si prenants de la forêt, admirent la lune aux jumelles et s’enivrent du plus frêle hululement. Complètement absorbés dans leur contemplation de la nature, ils en oublient souvent tout autre distraction. Gérard et Raymonde ont 120 ans à eux deux. Réveillés par un écureuil gambadant sur leur toit, ils racontent leur sentiment de faire corps avec l’arbre qui les héberge et les protège. Bernard, 50 ans, est surpris que sa femme l’ait emmené dans une cabane. « Me trouve-t-elle déjà trop vieux, veut-elle que je redevienne poussin au nid ? ». Quant à Estelle, 42 ans, elle y a vu défiler son enfance. Elle parle du côté sensuel et excitant de faire l’amour dans ce décor. Marc, lui, a eu l’impression de dominer le monde tout en étant seul. D’autres racontent combien le temps passe vite là-haut et conseillent, quand le moment est venu de redescendre, d’emmener un arc et des flèches pour affronter le monde si dur d’en-bas… Au matin, quelques coups de bec d’un pivert ou les jacasseries d’un geai vous avertissent que le petit déjeuner est servi. Le plus hardi hisse alors le panier avec la poulie. Viennoiseries, baguette, jus d’orange et boissons chaudes paraissent doublement divines. Des instants de pur ravissement et de profonde quiétude. Un réel retour aux sources que beaucoup se promettent de rénouveller…

Infos pratiques

-Aux Domaines des Ormes, 35120 Epiniac. Tél: 00-33-2/99.73.53.00.- Nuitée (selon cabanes 2 à 3 personnes, comptez de 120 à 175 euros, petit déjeuner inclus. (Pour savourer la tranquilité, évitez l’été).

cabanes-arbres.lesormes.com

Il existe actuellement une floppée de fabricants de cabanes en France : notre préféré est Cédric Bolmont, société ABANEwww.abane.frmais il y a aussi Rêve de cabane à Chamonix (esprit similaire à celui de Cédric) www.revedecabane.comet La Cabane Perchée en Provence. Une liste assez complète est disponible surluxe.campagne.free.fr

En Belgique, Rêve d’enfance ( 0475/92.32.08 ) a notamment réalisé la "cabane du fou", un nid-restaurant vraiment charmant et luxueux pour un repas en amoureux (restaurant Le Fou Chantant, 176 avenue de Fré, 1180 Bruxelles. Tel 02 374.33.15) 

www.revedenfance.com

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Update

on 2013-01-17 14:35 by Sophie Dauwe

Nouveau : 7 très belles CABANES DANS LES ARBRES dans les Vosges (région Alsace Lorraine) à 9 km de Gérardmer sur un site verdoyant, un ancien camping au calme, dans la forêt du petit village de Champdray... On les nomme "Les Nids des Vosges" !

Nidsdesvosges1.jpg
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A 700m d'altitude, ouvert hiver comme été, toute l'année... Elles restent dans le même esprit que celle de notre rêve d'enfance en Normandie, avec un brin de confort en plus (électricité et chauffage + possibilité d'accès à un sauna). A découvrir... 

www.nidsdesvosges.fr

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Update

on 2013-03-24 09:27 by Sophie Dauwe

LA CASE DE L'ONCLE HENRI

vue gnrale avec rivire 500.jpg

En Belgique, dans la région de Chimay-Momignies, en bordure des ardennes françaises, au bord de la rivière Wartoise, vous trouverez une superbe cabane navigueant à 6 m de hauteur à l'abri d'un grand chêne...© www.cabanedanslesarbres.be

Pour 2 à 4 personnes, tout "confort" avec un escalier sécurisé, un coin cuisine avec réserve d'eau potable, un poele à bois... Cette cabane est conçue comme un gîte. Il faut donc prévoir :

♦ sacs à couchage ou draps de lit

♦ essuies de bain et matériel de toilette

♦ essuies vaisselle

♦ lampe de poche

♦ bottes ou chaussures adéquates

♦ votre pic-nic éventuel pour le souper du soir

Plus d'info sur www.cabanedanslesarbres.be

Brigitte et Henri possèdent aussi de vrais gîtes

www.gite-revedeau.be

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