Inde du Sud : un tourbillon de sensations

De Mumbai à Bengaluru (Bengalore), en passant par les Etats de Goa et du Kerala, cette nouvelle route des Indes conduit à la découverte de cités de légende et de tumultueuses expériences pétries de jungles urbaines, de plages de rêves, de massages ayurvédiques, d'océan de verdure, de nuée d’oiseaux et de papillons, d'éléphants et de palaces de maharajas… Un incroyable festival de senteurs et de couleurs.

Texte & photos: Camile JS/ Pepite Photography & Production

L’Inde du Sud, péninsule méridionale baignant dans l’océan indien, diffère radicalement du nord. Loin de l’Everest, des rencontres spirituelles, de l’incroyable densité humaine, le sud est un autre monde... À Mumbai, l’ancienne Bombay sur la côte ouest, le choc des contrastes subsiste pourtant, à la fois envoûtant et terrifiant. Siège de la titanesque machine à rêve Bollywood, principal port du pays, centre économique et financier du pays mais aussi, capitale de la mode, cette métropole compte plus de 20 millions d’habitants. Deuxième ville la plus peuplée de la République de l'Inde, elle agit tel un phare. Tels des papillons de nuit attirés par ses scintillements nocturnes, des hommes et des femmes affluent chaque jour plus nombreux. Et tout s’y mélange. Les temples hindous côtoient mosquées et églises chrétiennes. Des visages Hindous, Sikhs, Jains, Parsis, Sindhis tourbillonnent parmi 200.000 véhicules qui encombrent les rues et klaxonnent à tout vent. Plus d’un quart sont de vieux taxis Fiat Padmini noirs au toit jaune sortis dès 1962 et aujourd’hui convertis au gaz, mais ils ne soulagent pas de la pollution qui emplit l’air. Alors que les gratte-ciels et hôtels de prestige se dressent parmi les taudis poussiéreux et une misère noire, le centre historique, langue de terre enlacée par la Mer d’Oman échappe un peu au chaos, alignant encore d’émouvantes bâtisses coloniales, des bazars chatoyants et quelques havres nonchalants où se prélasse l’âme indienne. Touristes de passages ou hommes d’affaires se doivent de plonger un après-midi dans l’atmosphère de Colaba. Quartier mythique, c’est là que se dresse sur la vaste place Apollo Bunder, toujours noire de badauds, la Porte de l’Inde, étrange arc de triomphe bâti pour commémorer la visite du roi George V en 1911. Il fait face au port de Bombay. Là même où les troupes britanniques quittèrent définitivement les Indes en 1947, année de l'indépendance. Juste derrière, avec son dôme dominant la mer, l’imposant palace Taj Mahal où toutes les stars et têtes couronnées séjournent depuis 1903, flamboie superbe face au soleil couchant. Dans les ruelles derrière, des marchands de tout et de rien s’affairent derrière leurs étals. À peine plus à l’Ouest, enlaçant la Back Bay, la plage de Chowpatty, est le rendez-vous des familles et des amoureux assis ou traînant le long de la promenade… 

La nuit tombée, moins enivré par les Kingfisher (bières locales) descendues dans l’un ou l’autre bar légendaire comme le Leopold’s Café ou le Café Mondegar, que par l’expérience de ses premiers pas en Inde, on regagne son hôtel. Une bénédiction lorsqu’on le choisit à la fois stylé et authentique, mais surtout accueillant et nimbé de confort et de luxe. Les cinq palaces et resorts du groupe Leela Kempinski font partie de ceux-là. 

Goa, un mythe intacte

Vue de la chapelle Notre Dame, sur les hauteurs du vieux © JJ Serol

Vue de la chapelle Notre Dame, sur les hauteurs du vieux © JJ Serol

De Mumbai, il est si facile de rallier les destinations phares du sud-ouest : Goa, le Kerala et Bengalore. Là-bas, on découvre enfin les facettes d’une Inde paisible, l’exaltation d’une végétation luxuriante, l’abondance d’oiseaux, d’épices et fleurs… On savoure un autre art de vie, déguste des mets raffinés, se laisse enivrer par les senteurs des huiles ayurvédiques, s’essaie au rééquilibrage de ses énergies par quelques postures de yoga et se prélasse sur des plages de rêve…

Goa, le plus petit et le moins densément peuplé des états indiens, est aussi mythique qu’atypique. Connu pour ses plages et les frasques des hippies dans les années 60, Goa a surtout vécu de 1510 à 1961 sous l’influence des Portugais et des missionnaires jésuites dévoués à François-Xavier dit « l’apôtre des Indes » dont le corps repose d’ailleurs dans le plus beau des édifices coloniaux ; la basilique du Bom Jésus dans la Velha Goa. Deux millions de touristes visitent chaque hiver la basilique rouge en latérite et juste en face, la cathédrale (dédiée à Sainte-catherine) ruisselant de blancheur et de gothique portugais.

Plus confidentielle, la chapelle Senora Do Monte dressée sur une hauteur permet d’admirer cet océan de verdure d’où surgissent les clochers de nombreuses églises. Mais à peine redescendu, l’univers indien reprend ses droits. On croise des temples hindous et des processions de brahmanes, des femmes en saris, parées de fleurs et d’or. Quant aux plages, on dit que les plus belles se trouvent au sud de Goa. Au bout du village de Mobor, non loin de Cavelossim, une langue de terre est prise en étau par la rivière Sal se jetant dans la Mer Arabe. C’est là qu’est planté le resort du Leela. Conçu comme un ensemble de villas autour de lagons où les aigrettes blanches et des papillons écarlates envahissent le paysage. Tout autour les pêcheurs vivent leur vie, des petits marchands sillonnent la plage à vélo zigzagant entre les immenses bancs de sable. Dans ce paisible paradis tropical poussent comme des offrandes divines, mille et une épices ; vanille, muscade, poivre, cacao, café, gingembre… Touts ces essences si précieuses que convoitaient avidement les colons portugais sont aujourd’hui souvent exploitées au cœur de fermes biologiques, ouvertes au tourisme et offrant l’occasion de déguster la cuisine locale parfumée de toutes ces senteurs exotiques.

Remise en forme au Kerala

Le Capitaine de notre houseboat, backwaters, kerala © S. Dauwe

Le Capitaine de notre houseboat, backwaters, kerala © S. Dauwe

Une heure de vol plus au sud s’étend le long de la Mer d’Oman une autre terre d’abondance ; le Kerala. Cernée par les Ghats occidentaux, un chaîne de montagnes atteignant près de 2.695 m d'altitude, cet Etat recèle de vertes vallées où alternent rizières, plantations de théiers, caféiers, poivriers, bois de teck et forêts de bambou. Le Kerala compte plusieurs réserves naturelles où vivent, protégés et bichonnés, des éléphants, des tigres, des singes et des nuées d'oiseaux. Puis entre les montagnes et la mer, les dieux ont posé une série de lagunes reliées entre elles par des canaux. Un entrelacs magique appelé les «backwaters», une des merveilles du Kerala. Une journée ou plus, on y navigue entre Kollam —où s’étend le vaste lac Ashtamudi avec ses huit bras— et Alleppey, sur de superbes «houseboats» tout en bois équipés de chambrettes et d'une vaste véranda où se prélasser en admirant les rives bordées de palmiers... Loin des cris de la jungle, à Kovalam, sur un promontoire rocheux dominant une mer de jade et cerclé de trois plages, on se baigne dans les piscines en observant une autre sorte de pêcheurs. Hardis, ils quêtent les moules fendant les flots sur de solides pirogues puis, se jetant à l’eau, ils arrachent au couteau les coquillages accrochés aux falaises. Remplissant encore toutes ses promesses de luxe et volupté, le resort Leela est ici campé au milieu d’une concession où vivent aussi les locaux. Sur l’une des plages appelée Samudra, une petite mosquée ajoute ses  tâches de couleurs au paysage. Le soleil au zénith, de lourdes barques de pêcheurs accostent sur la plage. Tout le village semble réuni pour les accueillir et les aider à hisser leurs lourds filets de poissons hors des bateaux. Les femmes sont là aussi, prêtes à emmener les marchandises sur les marchés locaux. Emmaillotés de draps safran, on admire longtemps les corps souples et musclés de ces pêcheurs aux regards de feu.

Au Kerala, patrie de la branche la plus naturelle de la médecine ayurvédique, on ne manque pour rien au monde l’une ou l’autre cure savamment personnalisée par de sages docteurs suivant d’antiques préceptes. Privilégiant l’usage de plantes médicinales et d’huiles végétales, divers traitements comme le massage Kalari —revigorant autrefois les chefs guerriers— ou le rituel relaxant Rasayana a le pouvoir dit-on de rendre la jeunesse.

Halte à la Cité-Jardin

Une denière escale nous mène à Bengalore,  rebaptisée Bangaluru depuis 2006. Capitale dynamique de l'Etat du Karnataka, elle abrite la « Silicon Valley » indienne est aussi surnommée « la ville des haricots bouillis » selon une vieille légende. Le Vidhana Souddha (abritant parlement et gouvernement) en style « dravidien », le Palais du raja, divers temples hindous et l’église de la Sainte Trinité sont les témoins de l’histoire mouvementée de cet ancien siège de l’administration britannique (1831-1881). Rendu à la dynastie Odeyâr (principauté de Mysore) en 1881, il constitue alors le premier État hindou en importance de l'Empire des Indes. Cité peu visitée, on se dit que les hommes d’affaires ont décidément bien de la chance, car ils trouvent ici, en-dehors de leur quartier IT aux bureaux futuristes, une cité entourée de lacs, parsemées de jardins, avec un centre historique à la fois moderne et prospère mêlant culture indienne et britannique. Une chance ou plutôt un privilège, surtout s’ils ont choisi de résider au Leela Palace qui exhale tout en finesse et puissance le charme des plus beaux palais de l’ancienne Mysore et les plus exaltants rêves de splendeur des anciens maharadjas...

 

Kalari Oil massage, Kerala © JJ Serol

Kalari Oil massage, Kerala © JJ Serol

Pratique

Y aller. Vols AR (KLM, Lufthansa, British Airways…) sur Mumbai àpd des 250/450 € taxes comprises.Surveillez www.jetairways.com ou www.airstop.be (A réserver min 6 mois à l’avance pour de bons tarifs)

Formalités. Passeport valide 6 mois + visa.

Consulat d’Inde, Chaussée de Vleurgat 217, 1050 Bruxelles. Tel : 02/640 91 40. Demandes de visas les lundis, mardis, mercredis et vendredis de 9h30 à 12h. NB : Venez tôt et armez-vous de patience, il y a toujours du monde.

www.indetourisme.com 

www.inde-en-ligne.com

Décalage horaire. GMT +5.5 ( +4h30 en hiver/ +3h30 en été), 

Monnnaie. La Roupie Indienne : 1 € = 70,96 Rs – 100 Rs = 1,40 €.

Saison idéale. D’octobre à avril (mai à septembre : saison des Moussons)

Se loger. 

Les Palaces, Resorts et Hôtels du Groupe Leela, Kempinski (tous pourvus d’un Spa) sont de vrais 5 étoiles adaptés autant aux hommes d’affaires qu’aux voyageurs nantis:

www.theleela.com 

-Mumbai (Sahar) : +91-22-6691 1234

-Goa (Mobor, Cavelossim) : +91 832 287 1234

-Kovalam (Kovalama Beach, Kerala) : +91 471 248 0101

-Bengalore (23 Airport Rd) : +91 80 2521 1234

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- A emporter 

Guides de voyage : Lonely Planet Inde du Sud & Kerala (5e édition, janvier 2014 – version française) en version papier ou numérique.