SHANDONG, à la croisée du Taoïsme et du Confucianisme

A moins de 3h de train de Pékin se trouve la riche province du Shandong. Cerclée par la Mer jaune et la Mer de Bohai, elle se situe à la pointe orientale de la Chine. Ancien royaume autonome, le Shandong est une véritable pépinière de "Grands Hommes" ; politiciens, peintres, écrivains et autres philosophes, ils ont tous laissé leur empreinte dans l’Histoire.

Texte : Sophie Dauwe - Photos : S. Dauwe & Jean-Jacques Serol / Pepite Photography

De tout temps prospère, le Shandong abrite notamment Qufu, la ville natale de Confucius (sa demeure, son temple et sa tombe ; tous patrimoines de l’UNESCO) et Tai Shan, la première Montagne sacrée des taoïstes mais aussi Qingdao, ancien comptoir allemand devenu une moderne métropole de 8,7 millions d’habitants (soit bien plus que Jintao, la capitale provinciale). Agrandie et relookée en 2008, la ville a accueilli les compétitions nautiques des JO. C’est aussi là que l’on brasse la plus célèbre bière chinoise, la TsingTao exportée dans le monde entier. A l’est de Qingdao, le long de la côte, le mont Laoshan est un haut lieu de pèlerinage taoïste. Sa nature mystérieuse, ses ruisseaux et cascades révèlent au détour des rochers d’exquis pavillons de repos et d’antiques petits temples. Mais l’un de ses plus fascinants trésors de cette province se trouve à la pointe nord-est, dans un ancien village de pêcheurs nommé Penglai. En haut d’une falaise, un pavillon vieux de deux mille ans témoigne des obsessions de Qin Shi Huangdi, le 1er Empereur de Chine. Cette province moderne et touristique (dont on fait le tour en moins de deux semaines, mais de grâce évitez les hordes de l’été) dévoile ainsi pas à pas autant de clés que d’émotions permettant de décoder Taoïsme et Confucianisme ; deux facettes de la culture traditionnelle qui ont modelé la société chinoise jusqu’à nos jours. Une société laborieuse et attachante éprise de modernité mais sans crainte de cultiver les paradoxes, entretenant son attachement millénaire à diverses superstitions, dévotions, détachements et sagesses innées…

Quête d'immortalité

Alors qu’une adolescente sur la plage m’interpelle pour connaître mon avis d’étrangère sur la prétendue « fin du monde de décembre 2012 », sa copine débat d’immortalité avec son amoureux. Qin Shi Huangdi, premier empereur de Chine, a unifié le pays, l’écriture, érigé les 1ères murailles... avant de se faire enterrer avec son armée de Terracotta, obsédé d’immortalité. Et devinez ? C’est ici sujet de conversation courante. Saviez-vous que les 10 dernières années de sa vie, il envoyait au large un navire rempli de jeunes éphèbes et vierges avec pour mission de trouver les « îles Penglai » afin d’y cueillir les pêches de jade réputées fournir l’immortalité ? Personne n’est bien sûr jamais revenu vivant de ces expéditions. Mais au cœur de la station balnéaire Penglai se dresse toujours un superbe pavillon à flanc de falaise. Puis, tout autour, des références aux huit immortels revenus de ces îles entrevues au large… Cette légende enfouie dans les racines du Taoïsme révèle à la fois tout l’intérêt et la dévotion que l’Empereur et avec lui, tout le peuple chinois, vouent à la « voie de Lao Tseu ». Qu’est elle réellement ? Aujourd’hui élevé au rang de religion, le Taoïsme semble parfois à une drôle de « chose » fort confuse qui englobe des textes philosophiques et d’alchimie, une pléthore de dieux et déesses, les récits mythiques d’ermites, des héros maîtres d’arts martiaux, des médiums, d’immortels alcooliques, d’excellents guérisseurs, des montagnes sacrées avec des temples sublimes sans oublier la pléthore de fables folkloriques et populaires… Lao Tseu (Laozi), auteur du Tao Te Ching (le Livre de la Voie et de la Vertu) et du Yi King, (le livre des Mutations) et Confucius, son contemporain de (551-479), dont le préceptes d’harmonie sociale régissent elles aussi encore et toujours la vie chinoise. Voilà deux sages qui en fin de compte cherchaient des solutions pour régir et accalmir une société alors en plein chaos. Mais les choses ont-elles vraiment changé depuis ?

SHANDONG EN PRATIQUE

Y Aller

Au départ de Pékin, on prend le High Speed Train (TGV local) (D & G) de la Gare du Sud (Nan Huoche Zhan) jusqu'à Tai'An => durée du trajet de 2h07 à 2h38. Détails des horaires sur www.beijingchina.net.cn Le ticket s'achète sur place avant le départ (ou la veille) muni de votre passeport.

A Tai'An, de petits bus bien indiqués font constamment la navette de la gare de Tai'An et les premières marches de la montagne Taishan (inclus divers stop au centre ville)

Loger

A Taishan / Tai'An : beaucoup d'hôtels de type internationaux un peu défraîchis mais confortables et abordables. Pris dans le tumulte des grosses foules de l'été, sans réservation, nous avons demandé l'aide de notre taximan qui, après deux essais infructueux, nous a trouvé quelque chose de très convenable.

A Qufu : International Youth Hostel (juste en face de la porte Ouest du Temple Yan) : qfhostel@yahoo.com.cn - Tel : +86-537-4418989 www.yhachina.com

A Qingdao : Kai Yue Youth Hostel / Old Church Lounge: yhaqd@yahoo.com.cn Tel : +86-532-82845450

A Penglai : Nous nous sommes offerts le luxe de dormir dans un 4 étoiles en bord de plage et proche du pavillon, le Quanshang Hotel où, sans la moinde réservation, nous avons obtenu une belle chambre pour environ 26 dollars US ! Le Pengda Hotel est plus récent mais plus loin en bord de plage près du nouveau temple. Voir promo sur www.sinohotel.com

Livres à emporter
"Le disque de Jade", (3 tomes) de José Frèches chez Pocket. Roman colossal sur notre cher Qin Shi Huangdi, premier empereur de Chine.

+ Un petit guide pratique pour vous initier à la langue et la culture chinoise :

"Vous partez en Chine ? Révisez !" de Patrick Merand, Ed. Sépia, Août 2010, ISBN 13 : 978-2-84280-166-3 (format 20 x 25 cm comme un petit cahier de devoir de vacances très fun...)