Mulhouse , lorsque s'allie l’Art, l’Histoire et le Plaisir…

Recoin d’Alsace un brin rebelle, Mulhouse est sans aucun doute la capitale européenne des musées techniques. Loin de l’ennui, cette fière indépendante a plus d’un tour dans son sac pour séduire…

Texte & Photos : Camille JS / Pepite Photography 

À l’extrême sud de l’Alsace, à quelques enjambées de la Suisse et de l’Allemagne, Mulhouse est une grande agglomération cosmopolite de 280.000 habitants au fier passé industriel. En marge de la route des vins, elle apparaît comme une petite ville de province alanguie mais son cœur historique fleure toujours bon l’identité alsacienne avec un supplément d’âme à nul autre pareil. Ancienne république indépendante gouvernée par ses corporations, Mulhouse, ville fortifiée jusqu’au début du XIXe siècle, a gardé sa tour du Bollwerk en souvenir de celle qu’on a longtemps appelé la « cité du bastion ». Son centre historique arbore de nombreux hôtels particuliers et édifices colorés, symboles d’un âge prospère qui démarra au XVe siècle. De cette époque date notamment le sublime hôtel de ville tout de rose et d’or vêtu sur la place de la Réunion. Lancée avec succès dans l’aventure industrielle en 1746 avant même son rattachement à la France (1798), elle a bâti sa richesse sur les mines, puis sur les filatures favorisées par les deux affluents du Rhin, la Doller et l’Ill qui la traverse. Les manufactures longtemps se sont multipliées au point qu’on l’appelle encore « la ville aux cent cheminées ». Un riche héritage industriel qui forgea son identité aujourd’hui mise en valeur de façon réellement spectaculaire. 

Vroum, Vroum

Célébrissime à travers toute la France, la Cité de l’Automobile installé dans une ancienne filature de laine par les frères Schlumpf renferme leurs collections exceptionnelles de quelque 500 véhicules de toute marque dont sûrement les plus belles Bugatti et Rolls Royce du monde. Un univers fascinant pour grands et petits mis en scène de façon aussi passionnante que la toute proche Cité du Train, qui raconte lui aussi, et sur 6000 m2, la fabuleuse épopée du cheval de fer en VO et grandeur nature... Toujours idéal pour ls escapades en famille, il y a le Musée de l’EDF Electropolis aussi qui possède ses afficionados mais le plus subtile, le plus raffiné et celui qui raconte le mieux l’histoire de la cité est sans doute le Musée de l’Impression sur Etoffes. Outre les expositions temporaires et les ateliers ludiques, on admire des tissus rares et chatoyants et leurs incroyables machines qui en mécanisaient tissage et impression et on comprend toute l’ingéniosité de l’homme à l’ère industrielle, le souffle de toute une ville qui s’y implique corps et âme. On en ressort ébloui et respectueux pour cette cité laborieuse qui n’a pas abdiqué de son habileté. 

Musée de l’Impression sur Etoffes © JJ Serol

Musée de l’Impression sur Etoffes © JJ Serol

Des étoiles dans les yeux…

On se balade alors et regarde d’un autre œil cette ville qui allie si bien l’art et l’histoire, l’architecture ancienne et moderne. On flâne sur le marché, les mardis, jeudis et samedis le long du quai Cloche, grignote les saveurs locales comme le Kougelhopf (sorte de brioche) avant d’aller au superbe zoo et son jardin botanique où se prélassent notamment de rarissimes panthères de l’Amour. À 18 km du centre, dans la localité d’Ungersheim, il faut passer du temps encore dans le formidable Ecomusée d’Alsace (le plus grand de France) où l’on a déplacé et rassemblé plus de 80 masures paysannes et reconstitués avec ses artisans au travail tout un village de la vie d’autrefois. Si l’hiver, les cigognes désertent leurs nids, au centre de Mulhouse dès la mi-automne, on prépare déjà les décorations et animations de Noël, car ici comme dans le reste de l’Alsace le marché et toute la féerie des fêtes de fin d’année battent leur plein.

La Cité du Train © JJ SEROL

La Cité du Train © JJ SEROL

En Pratique

Info : 

OTC Mulhouse : +33 (0)3 89 35 48 48 www.tourisme-mulhouse.com 

Demandez les City Pass 2 jours (réductions sur Musée et gratuité transport en commun)

CRT Alsace: www.tourisme-alsace.com

Y Aller : en voiture : 550 km via E411 ; Luxembourg puis A6/A31 Dir Metz ; puis A4 /A35 Dir Strasbourg / Mulhouse. En train : TGV Est (Corail) gare Mulhouse direct de Bruxelles (6h15)

Où loger ? 

Pavillon Bristol, confortable et bien situé. 18-26 avenue de Colmar. +33 (0)3 89 42 12 31. www.hotelbristol.com

Bonnes tables

-Zum Sauwadala, 13 rue de l’Arsenal. +33 (0)389 45 18 19. Winstub typique où goûter toutes les excellentes spécialités locales.

-A l’Etoile, 57 rue de Bâle. +33 (0)389 45 21 00. Winstub fameux pour sa tarte flambée alsacienne.

-Le Gargantua, 7 porte de Bâle. +33 (0)3 89 66 36 89

Musées

-Cité de l’Automobile : 192, avenue de Colmar www.collection-schlumpf.com

-Cité du Train : 2 rue Alfred de Glehn www.citedutrain.com 

-Musée de l’Impression sur Etoffes, 14 rue Jean-Jacques Henner 

www.musee-impression.com 

-Zoo, 51 rue du Jardin Zoologique. www.zoo-mulhouse.com 

-Ecomusée d’Alsace : Ungershein www.ecomusee-alsace.fr 

PORTUGAL : de Porto à Lisbonne

Où aller en vacances avec un chien de 15 ans que nous ne voulons plus mettre en pension et un ado lui aussi de 15 ans ? Si le chien n’a pas de préférence tant qu’il est avec nous... L’ado adore une région où il y a beaucoup à visiter, de préférence avec plein de belles villes. Hé oui, il est à l’âge où on adore flâner, remarquer autant que se faire remarquer, et imprégner son cerveau de milliers images.

Texte et Photos : © Kathleen Marchal

Il y a 7 ans, nous sommes tombés amoureux du nord du Portugal. Bien décidés d’y retourner, nous avons opté cette année pour la région plus au sud entre Porto et Lisbonne. Beaucoup de recherches plus tard, nous réservons une petite maison à la campagne, près de Figueiró dos Vinhos. Une petite ville à l'intérieur des terres, stratégiquement située à mi-chemin entre les deux grandes villes que nous nous étions assigné. Le quartier où nous logeons, nommé Quinta do Sobral, est un ensemble de quelques maisons tenues par un couple d’Allemands, entourées d’oliviers, de vignes, de citronniers et d’orangers. Brigitte nous a accueillis dans sa 'casa' avec beaucoup de chaleur et guidés habillement vers les trésors des alentours.

Salut, c'est moi Kathleen, ici sur la plage de NAzaré  -  © K. Marchal

Salut, c'est moi Kathleen, ici sur la plage de NAzaré  -  © K. Marchal

Car la région est effectivement d'une richesse culturelle inouïe. Les couvents de Batalha, Alcobaça et Tomar sont des merveilles architecturales classées par l’Unesco. En plus à Tomar, notre chien Tommy a pu rentrer sans aucun problème. Lui aussi semblait impressionné par les azulejos (célèbres carrelages de faïences décorées d'origine mauresque, présents un peu partout sur la péninsule ibérique, mais particulièrement beaux à Lisbonne et alentours) sur les murs de ce couvent à trois étages !  A Aveiro, la "Venise du Portugal", des moliceiros circulent sur les canaux. Un tour sur ces bateaux décorés nous change un peu de notre train-train des vacances. En face du Mercado do Peixe, au centre de la petite ville, les meilleurs poissons grillés sont servis... 

Au bonheur des sardines

Jean-Luc, mon mari est un vrai carnivore, mais ces vacances, il a découvert comme nous tous le bonheur de manger poissons et de crustacés lorsqu'ils sont vraiment frais. A chaque coin de rue, se trouvent de délicieuses sardines grillées (7€ pour 4 pièces!) que nous dégustons avec de la sangria (rouge ou noir). Nathan, lui, descend des Ice Tea Manga, Limão, au prix qu’on les achète en grande surface. Oui, la crise économique est bien présente au Portugal, mais les gens ne se plaignent pas. Respectueux d'une tradition bien ancrée, ils se contentent de cultiver leurs fruits et leurs légumes, quelques olives et du raisin pour fabriquer leur vin. Comment mieux aider ce peuple chaleureux, qu’en visitant ce beau pays et en savourant ses délices ? Beaucoup de Français ont déjà trouvé le chemin du Portugal, notamment sur la plage de Nazaré. Après avoir lézardé sur les rivages, on explore les hauteurs qui nous enlacent. Dommage que notre boule de poil ait dû être enfermée dans une cage pour prendre le funiculaire jusqu’au sommet de la falaise, mais une vue spectaculaire nous y attendait. Je m'y serais bien construit un petit nid d’amour…

Coimbra est une ville universitaire très pétillante le long du fleuve Mondego. Nous avons adoré visiter les bâtiments de l’ancienne université et surtout la fameuse bibliothèque, véritable sanctuaire de la littérature. Sur la route se trouve Conimbriga, un site archéologique. Ils sont rares au Portugal -sans doute reste-t-il beaucoup à excaver, mais on peut y admirer les nombreuses mosaïques, fondations de maisons et surtout la Maison des Fontaines ! A ce stade, vous vous demandez peut-être si mon ado n’en avait pas assez de toutes ces visites ? Hé bien non, car nous nous ménagions aussi des tranches de farniente. Vers 16h, nous enfilons les maillots et profitons de la belle piscine à Quinta do Sobral. Moi, dans mon transat, pianotant sur ma tablette et préparant les derniers détails de notre prochaine étape : Lisbonne !

Sur la route de Lisboa

C'est ainsi que que nous avons fait halte 30 km avant Lisbonne à Sintra. C'était tellement différent de ce que nous avions vu jusqu’à présent. Au cœur du centre historique : le palais national. On le reconnaît de loin grâce aux deux cheminées coniques de la cuisine. Une promenade au hasard dans les ruelles étroites puis hop, en route jusqu’au palais de Pena. C'est en dehors du centre, au sommet d'une butte entourée d'un dense océan de verdure (200 hectares de parc national). En plein été, il faut être courageux pour y monter à pied.  Même si, arrivé là-haut, la vision de ce palais jaune, rouge et bleu mêlant tous les styles architecturaux — mauresque, baroque, gothique, Renaissance et manuéli- récompense tous les efforts. Féérie et mystères. Dans le lointain, la mer scintille…

Palais de Pena, non loin de Sintra © K. Marchal

Palais de Pena, non loin de Sintra © K. Marchal

Totalement séduits, les images de Pena dansent encore dans notre tête tandis que nous poursuivons notre route jusqu’à la capitale. Nous y avons réservé un second nid dans The Lisbonaire Apartments. Tout est parfaitement orchestré! J’ai reçu par mail les codes d’accès pour le bâtiment, l’appartement et le garage. L’appartement est moderne et super équipé : lave-vaisselle, machine à laver, fer à repasser, toaster, frigo et congel'… tout y est. Mais si on loge au centre du Bairro Alto, le plus pittoresque quartier de la ville bâti au XVIe sur un plan à peu près octogonal, autant l'explorer à fond et aller manger dans les restos qui nous entourent. Depuis les années 20, c'est le haut quartier de Lisboa, il concentre d'innombrables bars, restaurants, maisons de fado, animé de jour comme, surtout, de nuit! Pour visiter tout Lisbonne, je pense qu’il faut minimum 4 jours. Malheureusement, nous sommes restés que 2 jours. Alors, nous avons foncé vers les incontournables : Bélem et sa tour qui évoque le temps des grands explorateurs... De la Praça do Comércio, le tram 15 y mène facilement. Mais trop de monde l’attendait, alors un tuktuk nous a sauvé la vie en nous proposant le trajet à 5€ par personne. En plus, à chaque feu rouge, le chauffeur nous contait la ville !  Lorsqu'on a peu de temps, on se doit de rendre hommage au Mosteiro dos Jerónimos, un monastère de l'Ordre de Saint-Jérôme qui symbolise à lui seul toute de la richesse architecturale du Portugal. Un peu plus loin, on découvre avec bonheur le Pasteis de Bélem (R. Belém 84-92).  Cette boulangerie, inchangée depuis 19e siècle, vend de fameuses et délicieuses tartelettes. Mais attention, avec 20.000 pièces vendues par jour, la file est longue et on s'arme de patience... 

Le lendemain, nous parcourons les ruelles et escaliers pour monter vers le Castelo. Chats, graffitis, ouvriers, vieilles femmes habillées en noir, on a fini par se fondre dans ce paysage de carte postale jusqu'à…   Alfama, l'un des plus anciens quartiers de la ville. Il ressemble à un village et en a gardé la mentalité. Entre le Castelo de São Jorge et le Tage, sont concentrés nombre de restaurants et de bars à fado. C'est là-bas que nous mangeons une dernière fois des poissons grillés au son de cette musique si mélancolique. Pour nous, elle a l’avant-goût de la fin des vacances…

En Pratique

Infos : Visit Portugal (fr) - Visit Lisbonne - Portugalmania - Hotel-Portugal (infos touristiques aussi) - OT Porto

NB: à Lisbonne, il y a réellement des 'Tuk Tuk' comme en Asie. tuk-tuk-lisboa

Y aller : Vols AR Bruxelles (ou autres villes de France - Lisbonne / Porto : à pad 30/40 € avec Vueling - Raynair - EasyJet

Y loger : Non, il n'y a pas que booking & airbnb, Kathleen a trouvé son bonheur à petit prix sur www.quintadosobral.com et www.lisbonaire.com 

A emporter : Le Guide Vert Portugal Michelin (Février 2014)