Le retour d’Astérix et un grand voyage chez les Pictes

Pour célébrer le retour d'un grand moment de la bande dessinée de notre enfance

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C’est volontairement que j’ailaissé passer le déferlement médiatique à la sortie de cet album...

Une raison et une seule, les aventures des deux Gaulois les plus célèbres de l’histoire de la bande dessinée, se lisent et se relisent au moins trois fois. Car il faut en apprécier toutes les subtilités scénaristiques et les détails de toutes ces cases infiniment riches en découvertes. Du moins, c’est ce dont nous avaient habitué Goscinny et Uderzo tout au long de leurs 24 albums dont le dernier Astérix chez les Belges paru en 1979 qui reste —pour moi, un Français  vivant en Belgique— un des must de la série.

Ainsi donc, Albert Uderzo ayant sans doute bu un peu de potion magique revint sur le principe du très Hergéen la série mourra avec moi", pour décider que finalement, par Toutatis, celle-ci appartient aux Gaulois du monde entier et qu’il faut continuer l’histoire. On n'oublie pas qu'Astérix représente la plus grosse vente de BD au monde avec pas moins de 352 millions d’albums vendus toutes éditions, langues et pays confondus... Bref, même si cela sent  le sesterce à plein nez, en final, on est content de retrouver les habitants du petit village Gaulois refusant l’invasion romaine, Agecamonix et sa pin-up, Bonemine et toutes les femmes du villages qui en pincent pour le guerrier roux au petit nez... et relookent leur homme en kilt. Les Romains Taglabribus et Zaplézactus à la pointe du mouvement... On se bidonne vraiment !

Mais pour obtenir une telle potion, encore fallait-il à réussir tel Panoramix à construire une équipe. Les gagnants sont Didier Conrad aux dessins et Jean Yves Ferri pour l’écriture. Courte présentation des nouveaux auteurs : Didier Conrad (né en 1959 comme Astérix), c’est Tigresse Blanche avec Yann au scénario, ou encore Les Innommables. Quant à Jean-Yves Ferri, il a brillé lors de ses collaborations avec Manu Larcenet croquant les bobos, mais on lui doit aussi l’excellentissime De Gaulle à la plage. On peut imaginer aisément le stress et l’importance de l’enjeu d’une reprise aussi célèbre. Comme on dit ça passe ou ça casse. Veredictum !Astérix chez les Pictes tient sa promesse, que du bonheur...

Le dessin est là, il tient la route, respectant l’original tout en le recréant pour lui apporter une fine touche personnel. Certaines attitudes d’Astérix sont d’une justesse morphologique époustouflante et de plus, force est de reconnaître qu’au niveau des détails, dans les cases le boulot est vraiment bien fait. Peut-être supervisé par Uderzo ou le coloriste Thierry Mébarki un instant lui même pressenti pour reprendre le flambeau? Quant à Jean Yves Ferri, il s’amuse, on le sent.  Les calembours, les jeux de mots sont bien placés. On retrouve l’enthousiasme des bons albums. Chez le Normands  a du servir de référence. Et comme avec Goscinny, des personnages se découvrent au gré de l’histoire (Johnny Hallyday, Vincent Cassel.)

Puis comme souvent, Astérix et Obélix vont à la découverte d’un peuple, ici chez les Pictes, les hommes peints de l'ancienne Ecosse. Seul petit bémol, la construction un peu basique du scénario Astérix et Obélix partant aider Mac Oloch à libérer sa fiancée de l’emprise de l’infâme Mac Abbeh évidemment associé aux romains. Il fallait bien une belle bagarre Romano-Obélixienne. Pas grave, à vous de découvrir le reste.

Astérix chez les PictesSorti en 2 versions à plus de 5 millions d’exemplaires dans pas moins de 14 pays. Le groupe Hachette a vraiment mis le paquet et on peut déjà dire que le pari est réussi puisque près de 350.000 albums se sont vendus la première semaine !

En tout cas, un bon moment de détente assuré à la lecture de ce 35e tome et espérons-le pas trop d’attente pour le 36 ?

Editions Albert René

Albums version simple entre 7 et 11 euros - Version luxe entre 33 et 40 euros