Dufaux par ci, Dufaux par là

Excellent ce septième tome de la Série « Croisade » réalisé par le trio Xavier au dessin, Dufaux scénariste et Chagnaud pour les couleurs !

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Dans les séries à long terme, il y a toujours un énorme danger : que l’histoire ronronne comme un diesel bien réglé, mais sans plus surprendre. Mais là, on a plutôt à faire à une puissante italienne au moteur rugissant. Ce tome 7 nous offre de vraies sueurs froides au passage des vitesses. Oui, Jean Dufaux continue son numéro de jongleur avec l’Histoire sans pour cela jouer le Monsieur je-sais-tout et je-peux-vous-en-apprendre. Il nous fait vibrer aux travers de ses personnages se promenant allègrement entre amour et cruauté. Quel plaisir de voir Philippe Xavier toujours aussi à l’aise dans le trait délicat de courbes féminines que dans celui de rustres et sauvages personnages comme Guy de Lusignan. Ou encore restituant si parfaitement la lumière de l’intérieur d’une église ou la blancheur des nuits orientales.. Les voyageurs s'y retrouveront, bref Chapeau bas pour le fidèle coloriste de la série JJ Chagnaud qui ne fait qu’enluminer les traits de Xavier. Vous attendiez-vous à un enième résumé pompé sur le communiqué de presse des éditions Le Lombard ? Partez plutôt en Croisade et délectez-vous de ce plaisir intense de lecture. Ah oui, une chose importante sur la dernière page : il est noté à suivre !

Les fans auront du attendre cinq ans avant de trouver un nouveau Niklos Koda dans les bacs des libraires. Mais c'était pour la bonne cause... et tout est bien, qui finit "bien"?

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Cinq années pendant lesquelles Olivier Grenson à travaillé sur des projets plus personnels comme « La femme accident » en 2 tomes, récit émouvant s'il en est. Situé volontairement dans son pays de Charleroi, il y exprime enfin toute la virtuosité de son talent. Il joue en alternance d’un trait esthétisant pour son héroïne à celui au contraste perturbé pour ses décors qu'il n'hésite pas à dépeindre en véritable épave industrielle. Ce drame humain, écrit avec toute la subtilité que l’on connaît chez Lapière, ne pouvait de créer une vraie coupure avec sa série fétiche, Niklos Koda. Vint ensuite « La douceur de l’enfer » : travail en solo puisqu’il gère du début à la fin le dessin et l’écriture de cette histoire passionnante inspirée de la guerre de Corée. Récompensé par de nombreux prix, ce dytptique est devenu en peu de temps une référence de la très reconnue collection Signé du Lombard. Voilà donc que revient le beau Niklos dans « Une danse du diable » qui met en place les deux prochains tomes à venir et qui composeront un vrai triptyque. Dufaux nous offre les cartes, mais ne nous dévoile pas les atouts majeurs. Et Grenson, c'est clair, se sent à l’aise dans ce décors de Shanghai qui va servir de toile de fond au déroulement de l’histoire. On apprécie notamment la très belle planche 4 qui restitue bien le grouillement de vies, l'océan des idéogrammes et les ambiances nocturnes sur Nanjing Lu. Quel beau voyage !

Les séries Croisade et Niklos Koda sont publiées aux éditons Le Lombard

Olivier Grenson 25 ans de création

A noter enfin qu'une exposition rend hommage à l'auteur au Centre Belge de la Bande Dessinée, 20 Rue des Sables, 1000 Bruxelles jusqu’au 19 janvier 2014. Un superbe et véritable hommage au talentueux dessinateur.

CCBD