Complainte pour un grand auteur perdu…

Philippe DELABY, celui qui dessinait de grands films en 48 pages nous a quitté.

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Le Festival d’Angoulême va démarrer endeuillé et Murena, le chef d’œuvre des péplums est désormais orphelin. Philippe Delaby est parti sans crier gare. Il venait juste de souffler ses 53 bougies. C’est son cœur si généreux, sans doute, qui a décidé de ce brutal départ.

Une injustice de la vie. Sa personnalité, sa gentillesse, son humanité l’avaient entouré de nombreux amis. Tous déjà pleurent le vide et n’auront de cesse que de lui rendre hommage.

C’est à Tournai en 1961 qu’est né Philippe Delaby. Doté au berceau d’un talent rare, il étudie à l’académie des Beaux-Arts de cette même ville où il perfectionne son don du dessin mais apprend aussi la peinture à l’huile. Dans Tintin, il fait ses premiers pas travaillant entre autres  sur le « Richard Cœur de Lion » d’ Yves Duval. 1994 sera ensuite le début de la série « l’Etoile Polaire » publiée chez Le Lombard et scénarisée par Delisse dont beaucoup de lecteurs regretteront l’arrêt au troisième tome. Il collabore aussi à la reprise de la « Complainte des landes perdues » créée par Dufaux et Rosinski. En 1997, c’est avec le prolifique scénariste Jean Dufaux qu’il entame ce qui deviendra un chef d’œuvre incontournable de la bande dessinée moderne, Murena.

Primée, adulée cette saga permet à Philippe de réaliser de véritables films historiques en 48 pages. Sa passion omniprésente pour le 7ème Art déteint au fil de chaque page. Casting, cadrage, éclairage ; ce sont les mots qu’il employait pour décrire son travail. On peut sans exagérer dire qu’il a réinventé la bande dessinée historique et permis à de nombreux lecteurs, tous âges confondus,  la découverte de cette  Rome Impériale de Néron.

Tu vas laisser un vide. Adieu l’artiste…

JJ