Le Dilemme de la renaissance des Séries "culte"

Chlorophylle et Achille Talon : deux bonnes reprises de la rentrée

Faut-il ou non reprendre une série dite ‘culte’  pour ne pas laisser mourir ses personnages ? 

Achille Talon homme moderne

Une chose est sûre, les maisons d’éditions sont ‘pour’. D’abord, cela leur fait un peu de pub, ensuite cela peut relancer le catalogue de la série. En ce mois de septembre, deux grands titres sont ainsi ‘repris’. Achille Talon, cerveau choc du génial Greg. Créé en 1963 dans les pages de Pilote, le premier album de ce qui va devenir une légende sort en 1966.  Petit bourgeois narcissique, anti-héros notoire  dont les envolées verbales ont fait les choux gras de toute une génération, le célèbre personnage avait déjà été repris —on peut le dire— de façon assez lamentable. Voici donc un nouveau tandem  qui s’y colle. C’est Serge Carrère qui prend le dessin, connu notamment pour la série Léo Loden, il s’en sort plutôt bien conservant le style de Greg sans pour autant faire un mauvais copié-collé. Les cases sont vives, denses et de surcroît, bien dessinées. Le scénario et les dialogues sont de Fabcaro. Grand touche-à-tout il participe à différentes publications dans les principaux magazines de BD, son roman Figurec a d’ailleurs été très bien adapté par Christian De Metter aux éditions du Lombard. J’étais curieux de voir comment il allait s’en sortir de ces joutes verbales, spécialités du dénommé Achille… D’abord l’idée de confronter AT aux technologies modernes, même si elle n’est pas originales (Binet l’avait déjà fait avec ses Bidochons) est une réussite et lui permet de faire évoluer des personnages comme Lefuneste le voisin maudit et Virgule l’amour platonique et épistolaire dans un nouvel univers. Le tout est, ma foi, fort agréable à lire, les bons mots sont là, les tournures de phrases aussi, un vrai petit plaisir de lecture, on se surprend souvent à sourire et c’est bien là le but. Que Dargaud poursuive l’expérience avec cette équipe…

Chlorophyle par Godi & Zidrou

Que dire du Chlorophylle de Zidrou (au scénario) et Godi (au dessin) ?

Oui, oui... le célèbre duo de l’élève Ducobu ! Sur le même principe que Spirou, Le Lombard décide de remettre au goût de jour les aventures du petit monde animal délicieusement créé par Raymond Macherot en 1954. Aujourd’hui Chlorophylle renaît donc en version « les aventures de » promis réalisés par divers auteurs. A la lecture de ce premier opus, on peut assurément dire que les auteurs sont fans de la série « mère ». Tout y est : la lecture sur deux niveaux, les petites piques politiques, divers sujets sensibles de notre société (comme l’homosexualité). Chapeau donc, l’intrigue est joliment menée autour d’un festival du cinéma. Et quelle belle façon de ramener l’ennemi de toujours Anthracite. Godi soigne son dessin et nous gratifie de très belles cases. 60 ans après, le Lérot et sa bande peuvent apprécier cette cure de jouvence.

Alors oui, si il faut donner une deuxième vie et faire découvrir aux générations nouvelles ces personnages fabuleux, qui ont bercé la jeunesse de leurs parents voir de leurs grands-parents, on en redemande...  -JJS

Chlorophylle Embrouilles à Coquefredouille 48 p Le Lombard

Achille Talon est un homme moderne  48 p Dargaud