Exposition "Evènement" et une BD sur la vie de Steven McCurry...

C’est l’évènement culturel du moment! 

Sponsorisé et médiatisé à outrance, il est difficile de passer à côté!

Alors oui, nous avons monté les escaliers et fait la queue, un peu longue vu le monde et surtout, la lenteur aux guichets! Le prix de 12 euros bien qu’excessif ne nous repousse pas. Nous pénétrons dans cette endroit mythique qu’est la Bourse de Bruxelles qui n‘est normalement plus réservé au négoce de l’argent, quoique… Quand on voit le nombre de produits dérivés (livres, catalogues…) en vente à la sortie, on se pose des questions.

 Inle Lake, Burma Myanmar, 02/2011 - © Steve McCurry

Inle Lake, Burma Myanmar, 02/2011 - © Steve McCurry

En réalité, des questions, on s’en pose tout au long de la découverte des 200 images du «World of Steve Mc Curry» élégamment mise en scène à travers un labyrinthe de longs voiles, où l’on s’égare vite au gré des taches de couleurs qui nous attirent.

Certes, il est indéniable que l’artiste a du talent. Ses images sont superbes et sont comme un rappel historique de notre passé très proche et déjà trop vite oublié... On admire particulièrement l’alcôve avec les clichés en noir et blanc du début de sa carrière (1979-1980) lors de son premier reportage en Afghanistan (là, il est seul, sans moyen, au péril de sa vie et il laisse vraiment parler ses tripes). C’est d’ailleurs au cours ce premier grand reportage qu’il croise dans une école, une fraction de seconde, celle qui deviendra l’icône de de la photographie et le symbole d’espoir et de paix...

Telle une Joconde, Sharbat Gula, cette jeune afghane aux yeux verts qui fit l’emblématique couverture du National Geographic semble nous jauger. Son regard persan doit bien s’étonner de voir les gens sortir leur smartphone, prendre quelques selfies à ses côtés avant de laisser leur place…. au suivant. Ce tour du monde ne laisse pas indifférent, et puis on surprend des bribes de conversations telles que « Oh, celle-là, elle est chouette, je la mettrais bien au salon! » et regarde la dite image pour découvrir un enfant guerrier posant impeccablement avec sa panoplie d’armes et ses rouleaux de cartouches, très loin d’une photo prise sur le vif. Alors quoi, le but de cette expo est de faire rentrer la guerre dans les maisons comme une oeuvre d’art? Ou est-ce de servir de témoignage historique? Grand débat auquel seul Monsieur Mc Curry peur répondre.

L’ensemble de l’exposition vous prendra environ 2h, les commentaires de l’audio-guide inclus dans le billet sont d’une lecture digne des années 50 mais tout de même essentiels et riches en anecdotes.

Enfin, il y a ce qui est pour moi le plus dérangeant. Le film documentaire retraçant sa recherche de Sharbat Gula pour la re-photographier 17 ans après. Même la belle voix off de Sigourney Weaver s’envole comme un soupir… Le film est lourd et ça sent le dollar versé à la pelle pour retrouver cette femme! Les intervenants ont visiblement peur, de ne pas répondre correctement, peur de ne pas profiter de cette manne venu de l’Oncle Sam? Et lorsqu'enfin il la retrouve, il s’acharne dessus pour tirer encore et encore son portrait. Pour faire parler de lui, pour encore faire de l’argent? J’espère que je me trompe mais là, vous nous décevez Monsieur McCurry!

Il est sans doute important que chacun se fasse sa propre idée… De toute façon, vous ne serez pas déçu car il y a vraiment des images superbes. Quant à la scénographie de Peter Botazzi sied parfaitement au lieu.

Expo/ The World of Steve McCurry

Du 04 mars au 25 juin 2017, 12€

Bourse de Bruxelles, placide la Bourse, 1000 Bruxelles

www.stevenmccurryexpo.be

En parallèle à cette exposition, il est intéressant de lire la Bande dessinée scénarisée par J.D. Morvan et Séverine Tréfouël et dessinée par Jung Gi Kim. Il s'agit du troisième album d’un partenariat entre les éditions Dupuis, collection Aire Libre et Magnum Photo.

Mc Curry, NY 11-09-2001 retrace la carrière du photographe, sa rencontre avec Massoud, son reportage sur la mousson en Inde et ses divers faits d’arme. Un raccourci de l’expo où vous retrouverez parmi les cases, 80 photographies parmi les meilleurs images du reporter dont 8 clichés inédits.

BDMc Curry, NY 11-09-2001

Dupuis aire libre Magnum 

JD Morvan - S Tréfouel - Jung Gi Kim

136 pages, 24€

CAPA, l’étoile filante

« Si la photo est ratée, c’est que tu étais trop loin »

Voilà ce que disait Robert Capa, un des très grands et des plus connus photographes reporters qui couvrit la plupart des conflits de la première moitié du 20ème siècle.

Son nom est associé à la guerre d’Espagne mais qui s’intéresse un temps soit peu à la photo ou au journalisme connaît la polémique qui entoure la fameuse photo emblématique de cette guerre civile. Mais Capa, c’est aussi les images du débarquement J DAY dont il fut l‘un des seuls photojournalistes à couvrir l'évènement et lui valut probablement d'être ensuite l'une des co-fondateurs de l’agence Magnum en 1947.

C’est donc une bien belle idée qu’a eu Florent Silloray de s’attarder sur ce personnage qui a passé sa vie à couvrir les champs de bataille et d'en retracer les grandes étapes de sa vie. On voit que le travail de documentation a été consciencieusement réalisé, mais loin de nous livrer un livre pédagogique un peu rébarbatif, Florent sait parfaitement s’y prendre pour nous raconter une merveilleuse histoire riche en personnages « authentiques » dans un Paris en plein tumulte.

C’est aussi une très belle histoire d’amour, amour de Gerda Taro, sa compagne disparue au combat, amour avec Ingrid Bergman, amour de la vie, amour des gens. C’est aussi l’histoire d’un homme pas tout à fait comme tout le monde qui trouve la réponse à ses doutes dans l’action et le combat avec pour seules armes ; ses yeux et ses appareils photos. 

C’est dans une atmosphère sépia et gris et blanc avec beaucoup de doigté, des dialogues riches mais pas pesant qu’il fait swinguer tous les souvenirs de l’artiste. Tout est abordé, de l'Espagne à la Chine, sans oublier la guerre de 1939-1945, on s'émeut pour cette grande gueule de Reporter qui trouvera sa mort en Indochine, explosant sur une mine. 

C’est aussi une bonne remise à jour de nos connaissances que cette HISTOIRE à la fois déjà lointaine et pourtant, encore si proche de nous. Une belle découverte enfin que ce dessinateur connu surtout jusqu'à présent dans les livres jeunesse.

Chez Casterman,  88 pages, ISBN 978-2-203-08746-0, 17 €

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